Festival Palestine en campagne

Depuis 10 ans l’association aveyronnaise Le Philistin, créée sur le Larzac lors
du rassemblement d’août 2003, échange avec des acteurs sociaux,
économiques et culturels palestiniens.

 

Les liens forts, tissés avec nos amis de Naplouse, Jérusalem, Bethléem, Hébron et d'autres villes ou villages de Palestine nous ont incités à organiser cette rencontre en terroir aveyronnais.


Pour fêter cette dixième année d’existence et de liens avec la société civile palestinienne en résistance, l’association, organise un week-end culturel de rencontres franco-palestiniennes. Les événements se dérouleront sur un weekend de 3 jours : Vendredi 16, Samedi 17 et Dimanche 18 Août 2013.


Au programme, concerts, danse, forums, expos, performances, projections vidéo, graffing, dégustations gastronomiques alterneront pendant ces 3 jours et se dérouleront sur l’ancien stade municipal de Gages.

Seront présents: Sabri Giroud (Ramallah) / Ahlam Shibli (Ramallah) / Al Kouffieh (compagnie de danse Dabké) Lakkia Weaving (association de femmes du Naqab) / Michel Bosc (producteur à Gages) / Vinz / Habeeb Oud Trio (Naplouse) / Véronique Bontemps (Naplouse) / Mojtaba Tbeleh (Naplouse) / Jean-Claude Sincholle (éleveur à Gages) / Khaled Hidmi (Ramallah) / Dar Qandeel (Ramallah) / Duddu Maddeddu & Rémy / Ministeri del Ridim / Compagnie du petit vélo / Zeit ‘ O’ Za’atar by Hussein & Hamad / Eltiqa, collectif d’art contemporain palestinien avec Mohamed Al Hawajri et Raed Issa /

Infos : 05 65 73 11 23 / 06 68 69 93 00


Focus sur la photgraphe Ahlam Shibli

 

 

 

 

 

 

Artiste Palestinienne née à Arab Al-Shibli en 1970, elle élève des chèvres avec ses parents, mais très vite elle est fascinée par la photographie. Elle se définit comme étant une « Palestinienne d’Israël ». Depuis 2000, elle s’interroge sur la manière de protéger sa maison, sa terre sa ville, mais également son corps. La série « Self-portait » évoque l'enfance de la photographe à travers deux personnages qu'elle met en scène.

 

 

Alham Shabli photographie aussi le corps, une cible privilégiée, facilement atteignable et difficile à protéger.

 

 

« Trackers », « Trauma » et « Death », retracent les conflits coloniaux en Palestine, l'énergie déployée par la société pour ne pas oublier ceux qui ont perdu la vie au combat. Elle s’intéresse également à la France et aux résistants de Corrèze. Dans cette recherche du « chez-soi » Ahlam Shibli révèle les relations entre enfants orphelins. «  The house starves when you are away » dévoile la faculté des enfants à se soutenir afin d'oublier l'absence de famille.

 

 

 

 

 

« Death » 

 

 

« Death montre plusieurs façons pour ceux qui sont absents de retrouver une présence, une “représentation” : combattants palestiniens tombés lors de la résistance armée aux incursions israéliennes, et victimes de l’armée israélienne tuées dans des circonstances diverses […] ; militants ayant mené des actions où ils étaient certains de laisser leur vie, entre autres les hommes et les femmes bardés d’explosifs qu’ils ont mis à feu pour assassiner des Israéliens […] ; et enfin prisonniers ». Face aux attaques, Ahlam Shibli a précisé : « Je ne suis pas une militante […]. Mon travail est de montrer, pas de dénoncer ni de juger. »

 

 

 

 

 

Ahlam Shibli sera à Palestine en Campagne, du 16 au 17 Août 2013. Une occasion unique de la rencontrer et de découvrir ses photos, avec ses propres mots.

 

 

 

 

 

 Interview

 

 

 

 

 

Comment êtes-vous venue à la photographie?

 

 

C'est ma vie, la photographie, c'est mon amour. Depuis que je suis petite, je regarde beaucoup autour de moi, je porte un certain regard sur ce que je découvre. J'ai eu mon premier appareil photo à dix-huit ans. Depuis, j'ai évolué, changé mon style, ouvert mes photographies, et je me suis adaptée au public, j'ai également ouvert mon champ de vision sur la vie. Pour moi, la photographie est la chose la plus importante. Elle est présente dans mes rêves, et en permanence dans ma tête.

 

 

 

 

 

Pourquoi choisir de travailler sur la notion de « chez-soi » ?

 

 

Ces séries traitent de la maison, du chez-soi, de la lutte contre la perte. Jusqu’où l'on peut aller pour avoir un logement, pour le protéger. Mon principal questionnement est « qui décide pour toi, qui décide que tu vas mourir pour ta maison? » Jusqu’où es-tu prêt à te battre pour la préserver ? J'ai travaillé sur la résistance française, comment les français ont agi pour se protéger des allemands dans le village de Tulle. Les habitants avaient été pendus aux fenêtres, ils refusaient d'abandonner leur pays

 

 

 

 

 

Les séries sur la Palestine concernent la reconnaissance,  le besoin d'être légitime dans ce que l'on fait. Il faut aller au bout de ses idées. Nous avons besoin de l'autre pour être reconnu. A titre d'exemple, les Palestiniens ont besoin des Israéliens. Il faut parfois mourir, verser son sang et sa propre chair pour obtenir une certaine gratitude, comme les martyrs que j'ai photographié dans la série « Death ». Lors de la deuxième Intifada, les Palestiniens se sont soulevés contre la puissance coloniale, il y a eu des milliers de morts. Photographier les affiches de martyrs permet de redonner une certaine présence aux habitants morts pour défendre leur ville.

 

 

 

 

 

Vous avez réalisé trois séries sur la Palestine est-ce un hommage à votre pays ?

 

 

Le principal point des séries sur la Palestine a été de voir de différentes manières.  Être à la fois proche de mon pays car je suis née ici, et garder un regard extérieur, de la distance. Mon travail est lié à la Palestine car je demeure ici. La question palestinienne est quelque chose que nous connaissons, nous mangeons, nous vivons en pensant à notre pays. J'ai réfléchi à ce que je pouvais faire pour ma société, la collectivité. Ce n'est pas une critique négative ou positive. Je ne dis pas que ce qui se passe est bien ou mal, je regarde, je dévoile ce que je vois, le reflet de la ville.

 

 

 

 

 

Que pensez-vous du mur qui sépare la Palestine et Israël ?

 

 

Le mur ne sera pas éternel, il sera détruit par le peuple. Je suis contre toutes ces démonstrations, je pense qu'il va disparaître.

 

 

 

 

 

Pourquoi choisir de réaliser vos clichés en argentique ?

 

 

Mon dernier projet « Death » a été réalisé en numérique, mais les cinq autres séries sont en argentique. J'ai besoin de ressentir les choses, c'est comme humer un vieux whisky. J'ai varié également la couleur et le noir et blanc, selon ce que je percevais. J'ai toujours différents boitiers sur moi, je sélectionne selon ce que je contemple.

 

 

 

 

 

Dernières expositions

 

 

2008    "Les Inquiets", Centre Georges Pompidou, Paris (France)

 

 

2007    Goter and Trackers, Dundee Contemporary Arts, Dundee (Australie)

 

 

2006    Trackers, Max Wigram Gallery, London (Royaume Uni)

 

 

Museum of Contemporary Art, Herzliya, Kunsthalle Basel, (Allemagne)

 

 

 

 

 

Exposition « Phantom Home » en cours jusqu’au 01/09/2013

 

 

Musée du Jeu de Paume

 

 

1 Place de la Concorde 75008 Paris