Des ouvriers portugais vivent dans des containers

Extraits d'un reportage dans un quotidien belge de droite, La Dernière Heure, mars 2005. Les commentaires et explications sont d'eux. Mais cet exemple montre où nous mène le "modèle européen", lui-même lancé sur les traces du "modèle US"… Voici ce que la Constitution nous prépare… Vouloir rentrer chez soi à 16 heures pour passer un peu de temps avec ses enfants sera bientôt considéré comme un délit "anti-compétitivité" !

Ils sont 130 et restent pendant 8 mois sur un chantier bruxellois parce qu'à 16h, les Belges rentrent chez eux…

BRUXELLES Le secteur de la construction est un secteur tout à fait particulier dans lequel le respect des délais est une valeur essentielle. Pour pouvoir terminer des chantiers à temps, il faut parfois mettre les bouchées doubles et les ouvriers doivent pouvoir travailler plus de 8 h par jour ainsi que les week-ends. Seulement voilà, en Belgique cela pose problème. Donc les entrepreneurs n'hésitent pas à faire appel, en toute légalité, à de la main d'oeuvre étrangère.

Sur un terrain proche du chantier de la nouvelle station d'épuration de la région de Bruxelles Capitale situé chaussée de Vilvorde, le long du canal de Willebroek, ce sont quelque 130 ouvriers portugais qui vivent dans des containers aménagés en habitation. De février à septembre, ils ne retournent que trois fois dans leur pays auprès de leur famille.

Mais pour ces travailleurs, tout est une question d'envie: «Les Belges arrêtent de travailler à 4 h de l'après-midi», expliquent-ils. «Quand ils sont partis, nous travaillons encore deux heures de plus. Et le samedi, nous sommes les seuls sur le chantier». Et en plus, pour ce qui est du salaire, ce n'est pas le Pérou. «On gagne un peu plus de 500 euros par mois», indique Carlos qui enchaîne: «mais au Portugal c'est difficile de trouver un bon travail. Mon fils de 20 ans est à l'université et ça coûte cher». En travaillant en Belgique, Carlos peut subvenir aux besoins de sa famille, quitte à vivre dans des containers aménagés.

Cet endroit peut paraître spartiate mais les ouvriers y ont leur petit confort. Ils vivent à deux par chambre. Des chambres de quelques mètres carrés à peine mais dans laquelle, grâce aux antennes satellites, ils peuvent avoir les nouvelles du pays sur les télés qui sont mises à leur disposition. Au réfectoire, la nourriture est adaptée. «On mange comme chez nous», dit Carlos. Par contre, «le vin qui est sur la table est à nos frais. Avec le repas, seul l'eau et les jus de fruits sont gratuits».

On imagine que la promiscuité ne favorise pas la vie privée mais les ouvriers s'en accommodent. C'est une question d'habitude. Joao Santos explique que «je suis en moyenne un mois par an à la maison. J'ai déjà travaillé en Allemagne, aux Pays-Bas, en Autriche et en Suisse. Le travail en Belgique est mieux organisé. En Allemagne, c'est moins bien et les gens sont racistes». (…)

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