Des corbeaux menaçants volent dans notre ciel

LIBAN-PALESTINE-IRAK

UN COMMENTAIRE DU FRONT POPULAIRE DE LIBERATION DE LA PALESTINE (FPLP) 24 JUILLET 2006

Parce qu’Olmert et Peretz et tous leurs avions, tous leurs tanks et tous leurs généraux sont incapables d’accomplir leur rêve de briser la ténacité de la Résistance sur les terres de la Palestine et du Liban, parce que les eunuques de Bagdad se plaignent que le palmier de la Résistance est trop vigoureux sur les terres de la Mésopotamie et parce que les figures des leaders arabes sont couvertes des crachats de leurs peuples, les corbeaux, ces vieux symboles du malheur, se rassemblent au loin et viennent ici pour remettre les choses en ordre. Ils voient qu’il n’y a pas eu assez de meurtres pour faire le ménage et éliminer. Ils voient que ces décombres sont devenus le cadre habituel et quelque chose de plus qu’une incitation à reconstruire. Ils voient que le problème est maintenant entre leurs mains et c’est pourquoi les corbeaux de Washington ont décidé d’envoyer deux messagers.

Le premier messager ce sont des bombes intelligentes et des missiles qui savent distinguer un combattant d’un civil, un bunker d’une maison et qui savent, dans leur « cerveau » programmé, où aller et quoi frapper avec leur intense férocité pour éliminer et la balle et le grain. C’est ce qu’ils disent et c’est ce qu’ils disaient avant leur guerre contre Bagdad, quand tout ce qu’ils se préparaient à faire était la destruction de l’abri AMIRIAH, les mosquées de Falouja et le sable de Ramadi et de Tall’Afar, montrant au monde que ce sont, tout compte fait, des bombes stupides, qui transforment la ruine, la destruction et la mort en activité de technologie de pointe. Elles sont maintenant en route vers Haïfa, la cible des roquettes de la Résistance, où elles seront probablement utilisées pour célébrer l’arrivée du second messager.

Le second messager est ce corbeau de mauvais augure qui a déclaré qu’il allait voler vers nos cieux et faire la tournée des capitales arabes tenant dans ses serres un fouet politique menaçant avec lequel il va menacer des plus grands malheurs si les leaders de la région, qui détallent déjà comme des lapins apeurés, ne parviennent pas aussi à empêcher leur peuple de résister. Les corbeaux viennent pour mobiliser les paons qui avaient l’habitude de parader mais qui ont maintenant été plumés par les roquettes de la résistance à Haïfa, à Karmail et ailleurs. Condoleeza arrive, son bec serrant un message de mort envoyé par les Etats-Unis, une promesse de ruine et de destruction pur le Liban et si nécessaire pour tous les pays arabes. Elle arrive après que tous les préparatifs aient été faits avec les leaders raisonnables qui fuient l’aventurisme, qui tremblent devant le sabre justicier d’Ali, désormais dressé face à l’oppression et au mal.

Les corbeaux de la mort volent depuis les Etats-Unis vers des lieux où ils vont trouver des gens qui les attendent, des gens qui ignorent la parole du sage : «Si un peuple choisit les corbeaux comme guides, ceux-ci le conduiront au comble de la ruine »

Alors attention, hommes de la Résistance ! Les corbeaux du malheur planent, menaçants. Attention à la haine qu’ils portent sur leur visage ! Attention aux conférences qu’ils tiennent derrière des rangées de tanks et dans le grondement des bombardiers !

Quand le colon apprend à son fils à aimer et à protéger sa terre, le fils apprend les leçons de son père mais après s’être tenu à la limite de la colonie il s’ennuie, revient vers son père et lui dit : « Combien de temps devrons nous garder et aimer notre terre. » Aujourd’hui la question n’est plus la même : « Père combien de temps devrons nous supporter la sombre moiteur des abris, le hurlement des sirènes et l’explosion des roquettes. » Olmert, le maître de maison, répond : « Quelques semaines peut-être, peut-être plus » Il a reçu les consignes des corbeaux et a donné l’ordre de « détruire dix maisons de plus car je n’ai rien d'autre à faire que bombarder et détruire.» Les généraux disent « Mais la destruction ne fait rien de bon. Nous avons attaqué toutes les constructions en ciment à Beyrouth et à Baalbek, nous avons détruit toute construction en tôle ondulée à Rafah, à Khan Yunis, à Rashidyeh, à Ain El Hilweh.» Alors il leur dit : « Alors chargez, prenez d’assaut les collines avec vos tanks. » Et les généraux lui disent : « Mais ce serait de l’aventurisme » et il réplique « Il n’y a rien d’autre à faire. C’est la guerre, il faut obéir. » Alors l’armée se met en route et il faut trois jours à ses tanks pour occuper une colline. A ce moment une roquette s’élance et atteint une cible sensible à Haïfa. « Alors combien de jours nous faudra-t-il pour achever l’opération ? Et quand ce sera fait, la pluie de roquettes sur Haïfa cessera-t-elle ? » Mais le maître de maison doit enregistrer très vite quelques succès car il est censé faire un rapport aux corbeaux. Il essaye d’en rédiger un premier paragraphe, mais une roquette explose et déchire son papier.

Les corbeaux de malheur viennent avec un plan pour le Moyen-Orient dans lequel l’honneur est mort et les peuples soumis. Un Moyen-Orient où le peuples mendient les aumônes des multinationales et prennent leurs ordres au Pentagone. Un Moyen-Orient où la langue arabe devient la troisième langue. Un Moyen-Orient sans leaders mais rempli d’esclaves prêts à aller là où Washington ordonne d’aller.

Les corbeaux réalisent-ils que leur Moyen-Orient de rêve est un Moyen-Orient où une bande d’assassins règne en maître ? Ou ce rêve restera-t-il un rêve parce que le sang versé sera plus fort que leurs épées ou parce que les lames de leur arrogance seront à jamais ternies

Les vols noirs de corbeaux ne récolteront que l’échec, car partout le sang les submerge. Ils feraient mieux de s’arrêter et de croasser sur la ruine de leurs rêves.

Traduit de l’anglais par COMAGUER (26.07.2006) [email protected]

(phrases en gras à l’initiative du traducteur)

ATROCITES SUR LA TERRE PROMISE

Article de KATHLEEN CHRISTISON publié sur Internet le 17 Juillet 2006.

Ancienne analyste politique de la CIA, KATHLEEN CHRISTISON a travaillé pendant 30 ans sur les problèmes du Moyen-Orient. Elle est l’auteur de deux livres « Perceptions de la Palestine leur influence sur la politique des Etats-Unis au Moyen-Orient » et « Blessure de la dépossession, raconter l’histoire de la Palestine » (non traduits en français)

Les mots manquent : les termes ordinaires ne sont pas adaptés pour décrire les horreurs perpétrées chaque jour par Israël et perpétrées depuis des années contre les Palestiniens. La tragédie de Gaza a été décrite des centaines de fois, comme l’ont été celle de 1948, celle de la Qibya, celle se Sabra et Chatila, celle de Jenin, 60 années d’atrocités perpétrées au nom du judaïsme. Mais les oreilles de la majorité des israéliens, comme celles du monde politique et celles des grands médias étasuniens restent sourdes à ces horreurs. Ceux qui sont terrifiés, et ils sont nombreux, ne parviennent pas à briser la muraille d’impassibilité qui empêche l’élite politique et médiatique israélienne, plus encore celle des Etats-Unis et de plus en plus celles du Canada et de l’Europe de voir et de s’inquiéter.

Mais il est nécessaire de dire maintenant haut et fort ceci :

« Ceux qui élaborent et mettent en œuvre la politique d’Israël ont fait d’Israël un monstre et le moment est venu pour nous tous – tous les israéliens, tous les juifs qui autorisent Israël à parler en leur nom, tous les citoyens des Etats-Unis qui ne font rien pour mettre un terme au soutien de leur pays à Israël et à sa politique meurtrière – de reconnaître que nous nous salissons nous-mêmes en continuant de rester passifs lorsqu’ Israël commet ses atrocités contre les palestiniens. »

Une nation qui érige la prédominance d’une ethnie ou d’une religion sur toutes les autres devient psychologiquement malade. Obsédée narcissiquement par sa propre image, elle doit s’efforcer de maintenir sa supériorité raciale à n’importe quel prix et sera inéluctablement conduite à considérer toute résistance à cette supériorité imaginaire comme une menace contre son existence même. En vérité, n’importe quel autre peuple devient automatiquement une menace existentielle pour la bonne et simple raison qu’il existe lui-même. Comme il cherche à se protéger l’Etat raciste devient de plus en plus paranoïaque, sa société devient fermée et insulaire, intellectuellement bornée. Les revers le mettent en rage, les humiliations le rendent fou. L’Etat frappe en tous sens dans un effort dément, perdant tout sens de la mesure, afin de se persuader lui-même de sa force.

Le projet de l’Allemagne nazie lorsqu’elle cherchait à maintenir une supériorité aryenne mythique est à l’œuvre aujourd’hui en Israël. « Cette société ne reconnaît plus aucune frontière, ni géographique, ni morale » a écrit l’intellectuel israelien antisioniste Michael Warschawski dans son libre publié en 2004 « A tombeau ouvert, la crise de la société israélienne » (Edition : La Fabrique)

Israël ne connaît pas de limites et frappe partout quand il pense que sa tentative pour soumettre par la force les palestiniens est contrecarrée par un peuple palestinien digne et résistant qui refuse de se soumettre calmement et de mettre un terme à sa résistance contre l’arrogance israélienne.

Nous, aux Etats-Unis, nous sommes habitués à la tragédie provoquée par Israel et nous cédons volontiers à la manipulation qui, par quelque ruse de l’imagination, transforme les atrocités israéliennes en exemples de souffrances dont Israël est victime. Mais un commandement militaire qui, la nuit, jette une bombe de 500 livres sur un immeuble résidentiel et tue 14 civils qui dormaient, comme cela s’est passé à Gaza voici 4 ans, n’est pas une armée qui opère selon les règles du monde civilisé.

Un commandement militaire qui, la nuit, jette une bombe de 500 livres sur une maison et tue un homme sa femme et 7 de leurs enfants, comme cela s’est passé à Gaza voici 4 jours n’est par l’armée d’un pays d’un pays moral.

Une société qui peut considérer comme sans importance et pardonner le meurtre par un officier d’une jeune fille de 13 ans – un des 700 enfants palestiniens tués par les Israéliens depuis le début de l’Intifada – au prétexte qu’elle menaçait des soldats à un poste de contrôle, est une société sans conscience.

Un gouvernement qui emprisonne une jeune fille de 15 ans – une parmi les centaines d’enfants palestiniens emprisonnés en Israël – pour le crime d’avoir repoussé un soldat qui tentait une fouille au corps à l’entrée d’une mosquée et s’être écarté de lui en courant n’est pas un gouvernement porteur de valeurs morales.

(Cette histoire qui n’est pas du genre de celles qui sont publiées par les médias étasuniens a été rapportée par le Sunday Times de Londres. La Jeune fille a été blessée par 3 tirs alors qu’elle s’enfuyait et a été condamnée à 18 mois de prison lorsqu’elle est sortie du coma).

Traduction et diffusion COMAGUER