Contre l’Europe du capital et pour ’une Europe des peuples

Nous assistons à la plus grande crise du capitalisme des dernières 80 années et à nouveau les gouvernements de l’Union Européenne veulent que les travailleurs et les secteurs populaires en paient les conséquences.






15 avril 2009 


Commission promotrice de la candidature au Parlement Européen « Initiative Internationaliste » 


Dans toute l’Europe, les licenciements, les plans de restructuration et le non renouvellement de contrats se transforment quotidiennement en un drame pour des millions de personnes, condamnées au chômage, à l’expulsion et à la misère.


Les gouvernements européens spolient l’argent public à la rescousse des banquiers et pour aider les grandes entreprises, pendant que le chômage augmente sans cesse.
C’est l’Europe des privatisations, du Plan Bologne, qui mercantilise l’enseignement supérieur, de la Directive Bolkenstein ou de la Directive du Retour pour les travailleurs immigrés, qui exacerbe la xénophobie et le racisme.


La crise actuelle, sans aucune surprise, en plus de ces conséquences économiques et sociales, donne lieu à d’importantes transformations politiques qui s’intensifieront dans un futur proche.


Dans le cas de l’État espagnol, la crise, globale et locale, contribue à laisser définitivement  à découvert les carences du gouvernement de Rodriguez Zapatero et du régime bourbon apparu lors du processus dit de « transition » : corruption généralisée, usage de répression légale ou illégale comme moyen récurrent d’affronter les conflits sociaux et politiques avec les secteurs populaires, précarité des services sociaux, effondrement du système éducatif…


En particulier, font surface les très graves carences démocratiques d’un régime dont le chef d’État, Juan Carlos I, fut imposé par Franco. Régime qui, en accord avec cette situation aberrante, est incapable d’élaborer une loi de la mémoire historique qui reconnaisse la réalité de la résistance anti-fasciste de nos peuples.


Il existe un courant involutioniste, néo-fasciste, impulsé par des secteurs puissants du capitalisme espagnol et son réseau institutionnel et médiatique à deux faces : la « moderne » dont l’expression la plus significative est  l’ UPyD (Unión, Progreso y Democracia) et la plus « traditionnelle » dont la pointe de lance est la Conferencia Episcopal Española. Ce courant involutioniste, avec ces diverses expressions, est celui qui, en ce moment, oriente la stratégie de fond du bloc dominant espagnol, y compris le gouvernement d’État. Une stratégie qui se matérialise, entre autres, dans l’alliance PP-PSOE pour obtenir le gouvernement basque avec un objectif clair: l’hispanisation de ce territoire.


Nous nous situons de l’autre côté, les forces souverainistes et indépendantistes de gauche, les forces politiques de gauche de l’État respectueuses des droits nationaux des divers peuples opprimés par l’État espagnol, ainsi que d’importants mouvements sociaux et syndicaux parmi lesquels se distingue le mouvement anti-fasciste ; le mouvement contre la privatisation de la santé, l’éducation et les services publiques ; les luttes ouvrières contre les plans de restructuration et les licenciements ; la lutte des étudiants contre le Plan Bologne ; les mouvements des femmes… Aussi, quelques-uns de ces mouvements sociaux ont une importante articulation nationale-populaire, particulièrement parmi les peuples où le processus politique de souveraineté est plus avancé.


Nous estimons qu’il existe une capacité suffisante pour orienter dans un sens anticapitaliste et démocratique ce désir chaque fois plus étendu de changement radical, même si actuellement cette capacité rencontre un développement inégal dans nos nations respectives.


Partant de cette analyse, nous lançons ce manifeste dont les axes de base sont:


La justice sociale


La crise doit être payée par ceux qui l’ont provoquée : les capitalistes. Le capitalisme espagnol a des traits particulièrement agressifs, comme l’immense précarité d’emploi, cause du plus grand taux de chômage et d’emplois à durée déterminée de l’UE. Et maintenant l’ambition du système est de resserrer encore plus les boulons en ce qui concerne l’exploitation et les restrictions des acquis sociaux. Nous qui appuyons ce manifeste, nous nous engageons à pousser la mobilisation afin de freiner de tels objectifs, en exigeant un plan de sauvetage des travailleurs, sans crainte de proposer pour cela des mesures anticapitalistes.


De pleines libertés démocratiques


Nous constatons comment ,pas à pas, sont restreints les déjà très limités droits civils existants, tels que le droit à la non discrimination pour raisons idéologiques, de langue et de culture, d’âge et de sexe. Le droit à la liberté d’expression, le droit à ne pas être réprimé, torturé ou jugé pour des opinions. Le droit à voter et à être élu. L’État espagnol ne respecte pas la souveraineté des diverses nations sous sa juridiction ni de l’ensemble des peuples. Il existe un réseau juridico-politique créé dans la « transition » qui a converti l’État en une prison de peuples et de gens, ainsi qu’en un puit de corruption.


Non à la discrimination sexuelle


Et pas comme un simple énoncé formel et vide de sens, mais comme une exigence normative, juridique et pratique qui rende possible réellement la fin de la discrimination. Ce qui implique, entre autres choses, le droit et la possibilité réelle de contrôle des femmes sur leur corps, leur sexualité et leur capacité reproductive.


Les droits politiques


Nous revendiquons les droits niés par le régime actuel, parmi lesquels il faut distinguer le droit de tous les peuples de décider de façon souveraine de leur futur, et non pas comme un fait isolé mais comme un droit permanent, c’est-à-dire le droit à l’autodétermination. Le droit de chaque peuple de décider de son type de gouvernement et à la normalisation de sa langue et de sa culture nationale.


Contre l’Europe du capital


Nous sommes contre l’Europe du capital et en faveur d’une Europe des peuples. Nous sommes contre l’OTAN, expression militaire de l’impérialisme et pour cela nous exigeons le retrait de l’État espagnol de cette alliance militaire. Nous sommes contre la spéculation et la dégradation de l’environnement. Nous sommes pour la défense de la souveraineté alimentaire et du collectif face au privé.


Nous appuyons les processus de souveraineté qui se donnent au niveau européen, et pareillement nous exprimons notre solidarité avec les processus d’articulation patriotiques, anti-impérialistes et de justice sociale qui ont lieu en Amérique Latine, ainsi qu’avec les fronts de résistance au Moyen-Orient, et très particulièrement avec la lutte héroïque du peuple palestinien. A partir d’une fervente vocation internationaliste, nous appuyons les luttes de tous les peuples du monde pour leur liberté et leur dignité.


Traduit par Karen Bellemans et relu par Magali Urbain pour Investig’Action.


Source: Iniciativa internacionalista