Chili : “Allende, mettez-lui un coup de pied au cul”

Le 11 septembre 1973, l’aviation chilienne mettait un terme à 1000 jours de présidence socialiste au Chili. 1000 jours de présidence Allende durant lesquels les États-Unis et leur Président Nixon n’ont pensé qu’à une chose : comment virer ce “rouge” qui, au Chili, nationalisait les entreprises américaines pour mener une politique plus égalitaire. En pleine guerre froide, un homme tirait les ficelles de la politiques étrangère des États Unis : Henry Kissinger, adepte de la realpolitik et du rapport de force. Un poète, aussi, à en lire ses conversations téléphoniques déclassifiées par la CIA… Morceaux choisis.

 
 
1970.
Après l’élection d’Allende, Kissinger parle au directeur de la CIA :
– "Nous ne laisserons pas le Chili partir à l'égout".

1971.
Le Chili décide de ne pas dédommager les entreprises américaines après la nationalisation du cuivre. Nixon réagit :
– "J'ai décidé que nous allions sortir Allende. C'est un ennemi. Tout est permis au Chili. Foutez-lui un coup de pied au cul, ok ?"

Juillet 1973, soit 2 mois avant le coup d'État :
– Nixon : "Je crois que ce Chilien pourrait avoir quelques problèmes".
– Kissinger : "Il a de gros problèmes…".
– Nixon : "Si seulement l'armée pouvait trouver quelques personnes derrière elle".

16 septembre 1973, soit 5 jours après le coup d'État qui a couté la vie au président Allende, Kissinger parle avec Nixon :
– Kissinger : "L'affaire au Chili se concrétise et bien sûr la presse se lamente parce qu'un gouvernement pro-communiste a été renversé. Sous le gouvernement de Eisenhower, nous serions des héros".
– Nixon : "Bon, nous ne l'avons pas fait, comme vous savez, notre main n'apparait pas".
– Kissinger : "Nous ne l'avons pas fait. Ou plutôt, nous avons aidé (…), nous avons créé les meilleures conditions possibles".
– Nixon : "Voilà, et c'est comme cela que nous allons le présenter".

Octobre 1973.
Les militaires ont pris la main sur le pays. La répression a fait plus de 3000 morts. Kissinger écrit, laissant une trace officielle :
– "Aussi désagréables que soient ses actes, le gouvernement de Pinochet est meilleur pour nous que ne l'était Allende".

No comment.
 
 
Source: Le Monde selon Ravanello