Big Brother et le discours de la peur

Effroi face aux meurtriers en série. Angoisse de l’attentat. Peur de la neige. Terreur du lendemain. Globalisation de la peur. Les médias dominants et les gouvernants font de la sécurité une obsession.

<img35|left> Prenez ce jeune Nigérian qui a visiblement tenté de se faire exploser à l’atterrissage le soir de Noël aux Etats-Unis. Il ne s’est finalement rien passé. Mais pourtant la psychose a été poussée au maximum. On nous dit que tout le monde devra venir des heures à l’avance pour passer devant des scanners corporels.

Pas que l’insécurité n’existe pas. Pas que les attentats et les tempêtes sont des fantasmes sans fondement. Mais certains jouent avec les peurs avec d’autres intentions.

Prenez ce jeune Nigérian qui a visiblement tenté de se faire exploser à l’atterrissage le soir de Noël aux Etats-Unis. Son père avait averti la CIA. Il a pu passer tous les contrôles, visiblement sans passeport, avec un aller simple. Son amateurisme est tellement criant que sa tentative devait échouer. Il ne s’est rien passé. Mais pourtant la psychose a été poussée au maximum. On nous dit qu’il est nécessaire de bombarder le Yémen et que dans les aéroports, tout le monde devra venir des heures à l’avance pour passer devant des scanners corporels.

La disproportion est énorme entre les faits vrais et supposés et les mesures prises. Et l’addition de ce genre de mesures démontre de graves atteintes à la liberté d’expression et au droit d’organisation.

En Belgique, Greenpeace Belgique a été poursuivi pour association de malfaiteurs pour une action contre Electrabel. Même chose pour le journaliste Douglas De Coninck du Morgen. Quatre altermondialistes dont le porte parole du PTB, Raoul Hedebouw, ont été poursuivis et acquittés pour appartenance à une organisation criminelle pour avoir été co-organisateurs d’une manifestation altermondialiste. Et dans l’affaire DHKP-C, sur laquelle nous revenons dans cette édition, la législation anti-terroriste a été utilisé contre des prises de position politiques de militants.

Et bientôt, le Parlement belge examinera un nouveau projet de loi parlant d’incitation au terrorisme. Or avec la définition vague de la loi, des travailleurs qui s’opposeraient à des plans de restrictions votées au Parlement ou les producteurs de lait qui ont mené des actions pour ajuster les prix du lait pourraient être poursuivis pour terrorisme.
Un sondage montre que la proportion de ceux qui ne voient aucun avenir dans le système actuel est de 23 % en moyenne. Oui, il y a de la résistance dans l’air. Et nos gouvernants veulent agir préventivement.

Le chemin est court entre ce discours de la peur et l’érosion de la démocratie. Alors qui en profite ? Nos puissants qui savent que la contestation de leur pouvoir guette en temps de crise. Et qu’il faut prévenir en enlevant, comme le disait Marx dans sa critique de l’Etat, les moyens de résistance aux mains des travailleurs et des jeunes. On le voit aussi avec les astreintes contre les piquets de grève, comme cette semaine à Inbev.
Exagéré ? Un sondage réalisé pour la chaîne de télévision BBC réalisé dans 27 pays du monde montre que la proportion de ceux qui ne voient aucun avenir dans le système actuel est de 23 % en moyenne. En France, le pourcentage monte même à 43 %. Oui, il y a de la résistance dans l’air. Et nos gouvernants veulent agir préventivement.
Le discours de la peur ne peut pas noyer nos droits démocratiques élémentaires. Et encore moins notre droit à contester le système dans lequel nous vivons.

Sourc: PTB