Bahar Kimyongur 100 jours en Italie : ça suffit !

Intervention de Daniel Flinker lors du rassemblement du 1er mars 2014 devant l’ambassade d’Italie à Bruxelles.

 

 

Bonjour à toutes et à tous.

Je vous remercie pour votre présence et pour votre soutien sans faille à Bahar Kimyongür et à la campagne contre son extradition vers la Turquie.


Aujourd'hui, j'ai décidé de vous raconter une histoire.

C'est une aventure aux multiples rebondissements que je vais vous conter.

J'en suis sincèrement désolé mais c'est une histoire à tiroirs. Les pérégrinations de son personnage principal ont le défaut de tirer en longueur voire de virer parfois à l'absurde. Mais, rassurez-vous,

dans cette histoire, le meilleur est pour la fin… A la fin, Bahar est libre.

Je ne peux pas vous en dire plus sur cette partie parce qu'en fait, c'est pour ça qu'on est là : la fin de l'histoire, c'est tous ensemble que nous allons l'écrire.


PROLOGUE

 

Cette histoire commence sur le tarmac d'un aéroport du Nord de l'Italie.

On pourrait d'ailleurs trouver le prologue cocasse si la situation ne prenait pas vite une tournure dramatique.

Un homme, la bonne trentaine, descend les dernières marches de la passerelle de l'avion qui vient de se poser.

Son portable coincé entre sa tête et son épaule, il parle à son épouse :

– « Oui chérie, le voyage s'est très bien passé. Non, il n'y a eu aucun problème. Oui, tout va bien… ».

Il raccroche, il lève les yeux, il remarque des hommes devant lui. Il voit des hommes qui l'encerclent.

En fait, oui, il y a un problème : les hommes lui annoncent qu'il est en état d'arrestation.


CHAPITRE I

 

Bergame. Le premier chapitre de cette nouvelle aventure dans laquelle Bahar Kimyongür est embarqué se décompose en treize journées, treize jours que le citoyen belge a consignés dans ses carnets de prison.

« Pour être honnête, ma cellule est une horreur. », avoue notre héro malheureux.

« On dirait que tous les vents polaires s'y sont donnés rendez-vous. La "vitre" est un plexi irrégulier, recourbé, qui ne tient avec du silicone que d'un seul côté. Un tiers de la "vitre" manque à l'appel. La partie manquante est couverte de pages de journal collées avec du dentifrice. Pareil pour la petite salle de douche. Là, il manque carrément une vitre. Une porte métallique tordue sépare les deux pièces. Notre lit superposé est composé de trois étages. La cellule où je me trouve est une cellule dite "d'accueil". Elle n'a pourtant rien d'hospitalier. »

Il ajoute : « Ma cellule est un vrai moulin. Quatre détenus y ont déjà transité en 6 jours. Pour Pino comme pour beaucoup de détenus, du fait de mon innocence, de ma libération toute imminente

et de ma notoriété qu’ils ont découverts en parcourant les journaux, je représente le monde tant désiré du dehors, une sorte de bouffée d’air libre, l’ami inespéré, le confident, l’assistant social et même l’écrivain public chez qui on va se plaindre des conditions de détention dans l'espoir que les institutions sachent, s'offusquent et agissent. Pour la centaine de détenus de ma section, précise Bahar, même pour ceux que je ne croise jamais dans la cour, je suis devenu ''Il Scrittore''. »


Quelqu'un d'attentif l'aura noté dès cet instant : dans l'affaire que je vous résume, il y a des choses vraiment pas nettes. Par exemple, comment se fait-il que des prisonniers comprennent en quelques jours, ce que les autorités italiennes semblent incapables de discerner en 3 mois.

Bahar, « Il Scrittore », est un écrivain, un intellectuel, un citoyen… pas un terroriste comme l'affirme l’État turc ! Mais ça, vous aussi vous le savez déjà puisque en novembre et en décembre derniers, vous étiez déjà venus manifester devant les représentations italiennes à Bruxelles pour demander la libération de Bahar Kimyongür.


 

CHAPITRE II

 

Le chapitre qui s'est alors ouvert est… bizarre, étrangement long et tortueux.

Ce chapitre, on pourrait l'intituler « B. le banni ».

Il est triste ce chapitre, de plus en plus triste même. Il est beau : Bahar est à la mer, c'est l'Italie. Mais il est triste : c'est l'hiver et Bahar, il est banni. Les semaines s'écoulent, des mois s'enfuient. Pour celui qui l'endure, l'exil forcé dure une éternité.


Attention, dans cette partie de l'affaire, le casting, c'est du costaud.

Voyez plutôt qui on a avec Bahar :

– La Fédération internationale des Ligues des droits de l'Homme,

elle regroupe les ligues de 155 pays.

– Le chef du syndicat, de la CNE. Son poids : 167 000 affiliés.

– Vous voulez des noms ? Le Sénateur Benoit Hellings a effectué un déplacement à Marina Di Massa où Bahar est assigné à résidence, pour lui témoigner de sa solidarité.

– En Italie, la mère de Carlo Giuliani, ce jeune homme assassiné par la police lors du Sommet de Gênes en 2001, est une figure emblématique de la lutte contre la répression politique. Elle est également le premier soutien de Bahar dans la péninsule.

– Vous voulez encore du lourd : Noam Chomsky, le célèbre intellectuel américain,

est le parrain de la pétition en sa faveur.


Il faut vous rendre compte que beaucoup de sentiments mêlés, d'émotions diverses, parfois contradictoires traversent cette partie de l'histoire.


Une fraternité, une solidarité qui s'affirment, comme dans les commentaires laissés par les milliers d'internautes qui signent la pétition pour que cessent les poursuites à son encontre.


Dans ces moments d'attente, ceux qui, comme moi, suivent cette affaire ont le même réflexe :

on s'enthousiasme, on a envie d'applaudir quand Amnesty International ou la Ligue des droits de l'Homme interpellent l’État italien pour demander que le ressortissant belge ne soit pas extradé vers la Turquie.


A certains moments aussi, on ne doit pas le cacher, on sent la colère monter en soi. On a envie de gueuler : « Mais putain, libérez-le ! Comment il faut vous le dire ? Vous ne comprenez pas ce qui se passe : si Bahar est extradé , il sera torturé ! »


Dans cette histoire, des larmes sont versées, trop, quand on perçoit la façon dont l'amour d'un père pour ses deux enfants est entravé, ne trouve à s'exprimer que par l'intermédiaire de communications skype.


Mais, c'est surtout le sentiment que tout cela est vraiment absurde qui prédomine. L'affaire K., si simple et pourtant si compliquée…

La semaine passée, voici l'étrange conversation que certains ont pu surprendre au détour d'un bar du centre de Bruxelles.

– Et au fait, il est fini le procès de Bahar en Italie ?

– Bin non l'ami, il y est toujours séquestré !

– Quoi, il est toujours en prison ?

– Non, ça non, il est resté 13 jours en détention.

– Il est libre maintenant alors ?

– Non mec… un juge a décidé de l'assigner à résidence.

– Et ce juge, il compte le juger bientôt ?

– Non, il ne va pas le juger. Il devait fixer une audience

mais le dossier est en fait entre les mains du ministre de la justice.

– Ah ? Et ce ministre, il va bientôt le libérer ?

– Non !

– Quoi, les charges contre lui sont si sérieuses ?

– Mais non mon frère, tu le sais, le dossier, il est aussi vide que nos poches.

– Donc tu me confirmes que le ministre peut donner l'ordre de le libérer ?

– Bin non… parce qu'il n'y a plus de ministres en Italie, le gouvernement a démissionné !

– Ah bon… Mais j'y pense, en fait, Bahar, il est quand même Belge.

La Belgique, elle peut pas se bouger un peu pour le sortir de là ?

– Non, l’État belge ne veut rien faire : il dit faire confiance à l'Italie…

– Attends là, il y a quelque chose qui tourne pas rond : tu viens de me dire que du côté de l'Italie, tout est bloqué…

– Oui, je sais chef, ça tourne en rond, ça tourne fou…


CHAPITRE III

 

Chers amis, le moment est venu de changer de décors. L'histoire s'écrit maintenant en direct.

Nous sommes à Bruxelles, le samedi 1er mars. Face à l'ambassade d'Italie, 200 personnes décidées, bien décidées à ne rien lâcher.

Remarquez que cette partie du récit est intéressante car c'est un moment charnière de l'histoire.

D'ailleurs, dans l'assemblée, chacun sait, connaît l'importance de ce moment. A nouveau, en Italie, tout semble redevenu possible. Un nouveau ministre de la Justice vient d'être nommé.

Ce moment est donc l'occasion à ne pas manquer, ni par le ministre ni par les amis de Bahar :

pour ces derniers, ce moment va être l'occasion de lancer un appel solennel.


Une voix résonne, porte leur parole ; embrasse la foule, veut saturer l'espace.

Ainsi, personne ne pourra dire que Monsieur Andréa Orlando n'a pas entendu nos doléances.

.

Monsieur le Ministre,


Depuis 100 jours, Bahar Kimyongür est retenu en Italie, sous la menace d'une extradition vers la Turquie.


Les accusations portées par l’État turc à son encontre ont toutes été jugées sans fondement par les tribunaux belges et par la Justice hollandaise. Dans ces conditions, il est de vos prérogatives de refuser la demande d’Ankara et de mettre fin à la situation intolérable, kafkaïenne, vécue par le citoyen belge.


Amnesty International, des dizaines d'associations, des centaines de personnalités, des milliers de citoyens s'opposent à cette extradition.


Monsieur Andréa Orlando, je joins ma voix à celles de ces milliers de personnes. Je vous lance aujourd'hui un appel solennel, j'en appelle à votre bon sens, à votre sens de la justice.

Un seul mot de votre part suffirait à faire libérer Bahar Kimyongür et à mettre un terme aux poursuites intentées contre lui en Italie. Monsieur Orlando, je vous demande d'agir immédiatement !


Quand la voix s'interrompt, le silence. Déchirant le silence, un slogan, bien vite scandé par tous les manifestants présents, avec force et conviction : « Liberté pour Bahar ! ».


 

ÉPILOGUE ?

 

L'épilogue de cette histoire, tout le monde, à part les électeurs de l'AKP, le rêve ainsi.

On est lundi matin, le ministre Orlando vient d'entrer dans son nouveau bureau. Il lit le résumé des infos du week-end, que lui a consciencieusement rédigé un assistant. En bonne place parmi les points abordés figure le cas Kimyongür, « une affaire qui semble mobiliser des énergies dans différents pays d'Europe », note le ministre.

Intrigué, il se rappelle qu'on lui en a déjà parlé, il saisit le dossier rangé sur l'une de ses étagères.

Il l'ouvre, le parcourt. Ça va vite, il feuillette les quelques pages qu'il contient. Il en dégage les éléments essentiels. C'est tout ? Il referme le dossier, prend son téléphone.

Une heure plus tard, Bahar est libéré…


Mesdames et Messieurs, il est temps de vous faire faire un aveu : je suis un peu las, pour tout dire fatigué de vous raconter des histoires, toujours la même histoire, des variations sur le même thème.

Mais qu'est ce que c'est que cette histoire ? Depuis 2005, depuis 9 ans, je vous ai présenté cette affaire sous toutes ses coutures.

On a développé des arguments rationnels, on s'est penché sur les faits : le dossier turc à l'encontre de Kimyongür est vide. Les autorités turques veulent casser Bahar simplement parce qu'il les critique.

On a aussi tenté de convaincre du bien-fondé de notre cause en mobilisant la force du nombre :

des milliers de personnes se sont déjà manifestées dans cette affaire en faveur du citoyen belge.

On a même avancé l'argument d'autorité : la justice belge et la justice hollandaise, des institutions, des personnalités ont pris position. Mais jusqu'à présent, rien n'y fait.

Les droits de l'Homme, c'est donc réservé aux codes et aux manuels scolaires ? Mais qu'est-ce qu'on doit faire ? La prochaine fois, je dois venir en chantant : « Bahar, où t'es, où t'es, où t'es ? ». J'sais pas, moi ! Qu'est-ce qu'on doit dire pour faire entendre raison aux autorités concernées par le dossier ? Où est la liberté d'expression ? Ça cessera jamais, cette persécution ?


100 jours, 100 jours, ça suffit ! Notre patience a des limites. Et la date limite, c'était 100 jours.

Aujourd'hui, on a assez patienté, la patience est devenue une vertu périmée.


Chers amis, si à nouveau, si cette fois encore, notre appel n'est pas entendu, force sera de constater que la raison et le bon sens n'ont rien à faire dans cette affaire.


Que ce soit donc clair pour tout le monde, si notre appel n'a pas l'effet escompté ; nous en tirerons toutes les conclusions non-violentes qui s'imposent et pour sensibiliser le ministre italien de la Justice au sort réservé à Bahar Kimyongür, nous prendrons de nouvelles dispositions.

Si l'Italie ne répond pas à notre appel, nous serons comme une petite pierre dans la botte,

qui interfère et dont ils ne sauront se défaire. Car il n'y a aucune raison, aucune raison, que la vie de la famille Kimyongür soit seule, empoisonnée par cette affaire !


ADDENDA

 

« REYNDERS, ONKELINX, MILQUET : VOUS NOUS POURRISSEZ LA VIE.

ET BIEN NOUS, C'EST VOTRE CAMPAGNE ÉLECTORALE QU'ON VA VOUS POURRIR ! »


Chers amis, nous sommes venus ici pour délivrer un message précis à l'Italie.

Monsieur Renzi, nous, nous connaissons un autre homme pressé : Bahar Kimyongür, pressé par la Turquie et pressé de rentrer chez lui.

Monsieur Orlando, si nos invocations aux valeurs que vous prétendez chérir et que nous faisons vivre ne suffisent pas, sachez qu'on ne va rien lâcher et avec nos camarades italiens, on va vous mettre la pression.


Vous me direz : « Et la Belgique dans tout ça ? » C'est vrai, la Belgique, elle ne bouge pas. Elle ne lève même pas le petit doigt. Pire, elle se fait complice des desseins d'Ankara


Le 22 mai 2013, Joëlle Milquet s'est rendue en Turquie pour parler « anti-terrorisme ».

Pure coïncidence ? Le 28 mai, la Turquie relançait son mandat d'arrêt international contre Kimyongür… et le 17 juin 2013, le Belge était arrêté en Espagne sur cette base.

Alors, il faut qu'on m'explique : le cdh, centre démocrate humaniste. « Centre » soit, mais dans la gestion de ce dossier, il n'y a aucune trace de démocratie ou d'humanisme.


En fait, notre erreur doit se situer là : on n'a pas parlé de démocratie à Cuba, on n'a pas parlé d'humanisme au Vénézuela, on n'a pas parlé de liberté d'expression en Ukraine. Non, on s'est trompés, nous on a eu l'impertinence de parler de démocratie et d'humanisme au cœur même de l'Union européenne, on a osé se référer à la liberté d'expression d'un citoyen belge en Belgique et en Europe. Et là, il n'y a plus personne.


Joëlle Milquet : « Coucou ? » Vous ne communiquez pas sur ce cas ? Vous êtes trop occupée à lutter contre les discours extrémistes ? Alors un conseil : pas besoin d'aller dans les mosquées ; les propos radicaux, ils sont tenus tous les soirs à la télé.

Madame Milquet, ne devriez-vous pas mettre sous les verrous Guy Verhofstadt ? Ne faudrait-il pas lancer un mandat international contre John Mc Cain ? Ces deux ténors de la politique occidentale

passent leur temps à appeler à armer les rebelles en Syrie.

Madame Milquet, voulez-vous qu'on vous accuse d'être pour Al Qaïda, qu'on le crie sur tous les toits parce que, durant des mois, vous avez laissé partir des djihadistes, parfois mineurs, exterminer les infidèles en Syrie ?

Ah, tout ça c'est caricatural ? Bin pas plus que quand vous accusez Kimyongür d'être un pro-Bachar parce qu'il démasque votre inaction dans ce dossier.

Madame Milquet, vous voilà prévenue : bougez pour Bahar, pour qu'il soit relâché ou accusez réception d'une nouvelle espèce de poil à gratter. Tant que votre pratique de police ne fera pas écho à votre discours humaniste, nous, on ne va pas vous lâcher !


Si personne ne daigne se manifester, on va aussi se rappeler aux bons souvenirs d'Onkelinx et du PS… un parti socialiste ? Un parti politique qui fait alliance avec l'extrême droite turque, plutôt que de défendre un opposant socialiste au régime d'Ankara.

Laurette Onkelinx a menti devant le Parlement en 2006 à propos de l'affaire Kimyongür et du complot que son cabinet a organisé pour livrer illégalement Bahar à la Turquie via les Pays-Bas.

A l'époque, le président de la chambre avait argumenté : « Un ministre qui ment est un ministre mort ! ». Mais elle est toujours là Onkelinx, elle est vice-première.

Ça ne turlupine personne ? Il n'y a aucun intellectuel au rendez-vous ? Personne ne trouve d'éléments dans ce dossier qui méritent de rédiger une carte blanche ? Il n'y aucun journaliste d'investigation pour enquêter sur cette affaire d’État ? Lieven De Cauter aurait-il raison de noter la complicité entre l’État profond et la presse superficielle ? Devrons-nous toujours nous satisfaire d'une simple dépêche Belga ?

Soit. Mais au PS, sachez qu'on ne vous oublie pas. Madame Onkelinx, on est là. On vous voit et il n'y a pas de quoi sourire. Vous devez prendre position, protéger Bahar car vous avez une dette envers lui.


Et Didier Reynders, c'est ça un responsable politique, un politicien qui prend ses responsabilités ? Fin janvier, le ministre des Affaires étrangères a rencontré Tayyip Erdogan à Bruxelles. Didier Reynders a évoqué avec le Premier ministre turc le cas Kimyongür.

– Reynders : « Nous, on n'a rien à reprocher à Kimyongür »

– Erdogan : « Kimyongür est sur notre liste de terroristes »…

C'est tout ? Bin oui c'est tout, c'est tout le courage politique dont peut faire preuve notre ministre,

un libéral plus attaché à la liberté en Iran qu'en Europe.

Eh Didier, ding dong ! Didier, c'est le moment de se réveiller ! Sinon Monsieur le ministre, ne doutez pas que c'est nous, les triples « F », tous ceux qui sont fichés, fauchés, fâchés, qui allons, sans attendre les élections, vous sonner les cloches.


Dan Van Raemdonck, le Secrétaire général de la Fédération internationale des droits de l'Homme, est indigné par l'affaire Kimyongür : « Que nos politiciens, dit-il, n'aient pas encore compris

que la question de la liberté d'expression est essentielle constitue un véritable scandale.

Ou ils sont bêtes ou ils ont un autre agenda »


Reynders, Milquet, Onkelinx : ou ils sont bêtes ou ils ont un autre agenda…

Restons sur la seconde option pour l'instant.


Que faut-il en conclure ? Que les droits de l'Homme, pour eux, c'est juste un vernis ?

Moi, je vous le dis : la démocratie ne s'use que si l'on ne s'en sert pas !

Si Bahar n'est pas libéré rapidement, nous allons être plus incisifs, agir, exercer une pression directe sur les responsables de cette affaire en Belgique.

C'est eux qui l'auront voulu ! « Vous nous pourrissez la vie. Et bien, nous, c'est votre campagne électorale qu'on va vous pourrir. »

C'est vrai, c'est mieux dit avec Shakespeare. En route, les amis ! Désormais, « Si nous vivons, nous vivons pour marcher sur la tête des puissants… car les puissants ne travaillent qu'à marcher sur nos vies »…


Bon là, je ne pense pas m'être fait beaucoup d'amis parmi les responsables belges et italiens

Alors, je vais m'adresser exclusivement à mes vrais amis. A vous tous, présents ici.


Il faut être honnêtes : les ministres ont énormément de choses à gérer. Comment pourraient-ils dès lors considérer l'affaire Kimyongür comme leur priorité si même ses premiers défenseurs, si même nous, nous ne faisons pas cette démarche, si nous ne faisons pas du cas Kimyongür notre priorité !


Chers amis, de mes paroles, il ne restera que du vent si dans la campagne contre l’extradition de Bahar, vous ne prenez pas plus de responsabilités. J'en appelle donc à vos capacités militantes.

6000 personnes ont déjà signé la pétition en ligne www.freebahar.com. Notre objectif : atteindre 10 000 signatures. Car cette pétition constitue un atout majeur entre les mains des soutiens de Bahar.

Il s'agit d'un moyen de compter nos forces, de les faire croître et de prouver aux autorités politiques et judiciaires que nos forces comptent !

Alors, si vous l'avez déjà signée, prendre plus de responsabilités dans cette campagne signifie que désormais vous la ferez signer autour de vous. Je ne vous demande pas la lune mais de tout faire pour passer à la vitesse supérieure. Par exemple, chaque jour, consacrez 10 petites minutes à agir pour Bahar. Cette semaine, fixez-vous l'objectif de convaincre une nouvelle personne de signer.

Les amis, on doit se bouger !


On va maintenant vous distribuer des tracts et des pétitions en format papier. Que chacun s'équipe. Dès demain, notre travail de fourmi doit se poursuivre. Il faut convaincre, une à une, les personnes de signer et de s'engager de la sorte, à nos côtés, pour Bahar et pour la liberté.


Une fois que vous aurez pris le matériel nécessaire, je vous invite à fournir un dernier effort aujourd'hui, à former des petits groupes de discussion. La fin de ce rassemblement sera une sorte de réunion ouverte, qui va nous permettre de discuter, d'élaborer une série d'actions que nous allons mener durant ce mois de mars, afin de mettre la pression sur l'Italie et la Belgique.


Mesdames, Messieurs, Chers amis, merci pour votre soutien, merci pour votre présence.

 

On se battra jusqu'à la victoire, jusqu'à ce que Bahar recouvre sa pleine et entière liberté !