Artistes contre le racisme et l'extrême droite

Bruxelles, Gand, Charleroi et Anvers : plus de cent mille personnes ont assisté aux concerts de plus de deux cents artistes. Ce n'est pas un hasard si cette initiative de Tom Barman, le chanteur de dEUS, se tenait une semaine avant les élections, face au risque d'un important vote d'extrême droite. Sur place, nous avons recueilli le sentiment des artistes et du public.

Plus de cent mille personnes aux concerts 0110 pour la tolérance

Adamo

«L'extrême droite est composée de gens qui peut-être ont été en difficulté et qui se sont laissé endoctriner par de mauvais esprits qui leur inoculent des idées malsaines. Il ne faut pas se laisser endormir par des idées fallacieuses qui profitent du malheur de certaines personnes pour indiquer de fausses solutions.

Lio

«Ce qui est important pour moi, c'est d'éveiller les consciences. Des jours très noirs se préparent. Je ne vois pas de grandes différences entre le discours d'un Sarkozy, d'une Marine Le Pen ou d'un Mussolini de sinistre mémoire. Il y a un fascisme rampant et je pense que c'est important de venir parler aux gens, de venir leur demander de se lever et de leur rappeler qu'un des droits de l'homme, marqué dans la déclaration des droits de l'homme, c'est l'insurrection.»

«Mon message pour les jeunes? Il fut un temps où j'aurais dit que l'acte de rébellion totale était de ne pas voter mais aujourd'hui je dis: votez. Et votez vraiment pour la gauche. Ne croyez pas les discours qui disent qu'il n'y a pas de clivages. Si, il y a un clivage. Malgré tout ce sont deux choix de sociétés différentes. Il y en a une où tout de même on tend la main, où on a envie de tolérance, d'ouverture. Et l'autre qui est un arrêt total à toutes les libertés. Donc que les jeunes aillent voter et qu'ils votent massivement contre l'extrême droite.»

Jean-Luc Fonck (Sttellla)

«Il est plus que temps de tirer les leçons de l'histoire. Ce sont les partis traditionnels, qui ne cessent de faire des conneries, qui poussent les gens à voter extrême droite. Lorsque l'on veut faire la morale aux gens, il faut être irréprochable. Les gens qui votent extrême droite le font souvent comme vote sanction et il est temps que les partis traditionnels le comprennent. »

Viktor Lazlo

«Est-ce que les gens qui votent pour les partis d'extrême droite ont déjà entendu ces partis formuler des réponses aux problèmes de sociétés? Ils n'en ont pas. Ce que je voudrais dire aux gens qui se laissent séduire pas l'extrême droite, c'est de lire leur programme et de voir que c'est le contraire du progrès. Lisez les programmes des partis. Juger sur les faits et ne jugez pas sur des coups de cur, sur une physionomie, sur une peur. Intéressez vous vraiment aux programmes.»

Mousta Largo

«Voter la première fois, c'est comme faire l'amour. Il faut se protéger. Alors protégez vous contre l'extrême droite.»

Sam Touzani

«Du fond de sa mémoire, Bruxelles témoigne que nous sommes tous étrangers. Nous sommes une nation de bâtards. Et cela ne me pose aucun problème. J'espère un jour que nous pourrons totalement nous détacher de toute appartenance.

Au départ, je suis un peu anarchiste. Ça m'emmerdait le vote. Aujourd'hui, j'ai envie d'amener tous les jeunes à aller voter. C'est une responsabilité, le vote. Au début, je pensais comme Coluche «si le vote servait vraiment à quelque chose, cela ferait longtemps qu'il serait interdit». Mais je pense qu'il peut, non pas tout changer, mais au moins servir à quelque chose.»

Helmut Lotti

«Le plus important est qu'il y avait une foule de gens qui ont profité de la première à la dernière minute d'une variété d'artistes sur le podium et que le public les a respectés. C'est ça la vraie tolérance, c'est-à-dire le respect. Ce qui m'a amené à participer à cette initiative? Apporter une note positive à la société en faisant ce que j'aime le plus faire: chanter.

Je ne m'y connais pas beaucoup en politique, mais je sais que le commandant n'est pas à bord. Il n'y a rien de plus facile que de critiquer ce qui va mal. Je trouve que la presse à une grande responsabilité pour donner les faits d'une manière correcte aux gens.»

Tom Barman, dEUS, initiateur des concerts du 0110

«Les derrières semaines ont été difficiles, mais dès le moment où la première note a retenti à travers les docks, le stress s'est évaporé. Tout a réussi jusque dans les petits détails. On le doit au travail de 400 volontaires rien que pour Anvers.

Cela a eu de l'impact. Un tas d'artistes se sont exprimés pour la première fois. Dans les années soixante, c'était sans doute courant et évidant, mais maintenant cela ne l'est plus. 0110 a dévoilé cet engagement. Il y a un vent nouveau.»

http://www.ptb.be/solidaire.html

Lundi 2 octobre 2006,, 9h14