ALBA: vers un accès universel à la santé

  • 16 Sep 2009

Le capitalisme est-il l’unique système fiable ? Les principes de l’économie de marché sont-ils des phénomènes naturels ? Pas sûr : en Amérique Latine, des pays tentent de bâtir une alternative au modèle néo-libéral à travers l’Alternative Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique (ALBA). C’est justement parce qu’il avait intégré son pays à cette fédération que le président du Honduras, Manuel Zelaya, s’est attiré les foudres de l’oligarchie hondurienne, avec les conséquences que l’on connaît. Et pour cause, si l’ALBA incarne un formidable espoir pour les peuples du Sud, elle représente une menace pour les intérêts des grandes puissances économiques. La fédération s’apprête ainsi à finaliser un projet d’accès universel aux principaux médicaments. De quoi donner des leçons de gouvernance audacieuse à un Barack Obama empêtré dans sa réforme des soins de santé face au lobby pharmaceutique. (Investig’Action)

Des médecins des neufs pays membres de l’ALBA (Bolivie, Cuba, Dominique, Equateur, Honduras, Nicaragua, Saint-Vincent et Grenadines, Venezuela) se sont réunis pendant trois jours afin d’élaborer des politiques de santé et de créer le registre de santé unique, dont l’objectif est d’éviter que les médicaments soient soumis à des logiques de profit. Cette décision répond à la nécessité des populations de pouvoir accéder aux médicaments.

Le Cubain Rafael Perez, directeur du projet ALBAMED a déclaré, « nous sommes parvenus à un accord sur le registre de santé unique de l’ALBA, ce qui va nous permettre de distribuer des médicaments à nos peuples ».

Selon Perez, le projet doit doter les pays en voie de développement de médicaments sûrs, efficaces et de qualité, à un coût accessible afin de garantir la réussite des programmes de santé et de faire reculer les maladies et les pathologies qui maintiennent des taux de mortalité élevés dans la population. « Aujourd’hui, les médicaments se vendent à des prix élevés et les gens n’ont pas d’autre choix que de les acheter pour sauver leur vie et celle de leur famille », a-t-il précisé.

En ce sens, l’élaboration d’une liste de médicaments essentiels qui seront utilisés dans tous les pays de l’ALBA constitue une autre avancée. « Il s’agit d’une liste de médicaments essentiels aux pays de l’ALBA et qui seront pris en charge par l’agence qui importera, distribuera et commercialisera ces médicaments. Ces mesures devraient donner des résultats significatifs ». Perez a également signalé que le registre de santé unique et la liste de médicaments essentiels « seront soumis à considération des chefs d’Etat lors du prochain sommet de l’ALBA, pour approbation ».

Pour sa part, le ministre de la Santé bolivien Ramiro Tapia, hôte de l’événement, a insisté sur les avancées obtenues lors de la deuxième Rencontre de Coordination et de la première Réunion Technique du Centre de Régulation des Médicaments. « Ces décisions permettront à l’ensemble de la population d’accéder aux médicaments. L’accès à la santé ne peut pas être réservé à une minorité, c’est un droit pour tous ; nous ne pouvons pas accepter qu’à cause des patentes et des brevets sur les médicaments, seuls quelques privilégiés aient les moyens de se les payer et de se soigner. Le temps est venu de changer l’histoire ».

Source: Info Sud Télé