A propos du petit Emmanuel, les FARC ne mentaient pas

Pourquoi les médias jugeaient-ils Uribe plus digne de confiance que ses adversaires ?

Chers téléads bien planqués dans vos canapés, voici comment – en "live & direct" – les médias occidentaux réécrivent l'actualité, l'histoire, la réalité; sous votre nez!

Vous n'avez pu échapper à l'apparition miraculeuse d'"Emmanuel", le fils de Clara Rojas la conseillère d'Ingrid Betancourt, au sein d'une famille d'accueil de l'assistance publique à Bogota. Cet enfant né en "captivité" dont le père est un guérilléro et qui est l'un des trois premiers "otages" qui devaient être libérés grâce à l'opération -aujourd'hui avortée- d'abord tentée par la France puis par le Venezuela.

Vous avez assisté au ballet des généticiens chargés de certifier qu'Emmanuel est bien lui-même et vous entendez aujourd'hui les médias relayer le président Uribe clamant que ces traîtres de narco-marxo-terroristes des FARC mentaient sur toute la ligne puisqu'"ils ne détenaient pas l'un des otages qu'ils prétendaient libérer!". Ou encore que les FARC auraient "reconnu ce vendredi qu'ils ne détenaient plus Emmanuel" [05-01] …

De la chronologie…

Pourtant il est un fait majeur qui vous a sans doute échappé: dès qu'Emmanuel fut localisé -démasqué en fait- les FARC ont publié un communiqué [02-01] où ils certifient , ce avant les très médiatisés tests génétiques [04-01], qu'il est bel et bien le fils de Clara Rojas. Ils ajoutent que ce sont eux qui l'ont ainsi protégé, le plaçant en sécurité hors des zones de combats et de dangers évidents, ce grâce à leurs réseaux urbains. La date de publication et la chronologie des évènements ne laissent pas place au doute.

Le plus édifiant étant que la plupart des médias qui prétendent que les FARC n'ont pas " reconnu" Emmanuel avant le vendredi 04-01-08 précisent qu'ils l'ont fait via un communiqué publié le mercredi 02-01! La fuite qui mena à la localisation d'Emmanuel permet enfin à Uribe de faire échouer la libération des autres otages, mieux: la mauvaise foi des médias lui permet de clamer que les FARC sont indignes de confiance. Alors qu'il est tout à fait probable et même censé penser que les FARC avaient bel et bien pu mettre Emmanuel en sécurité comme ils l'affirment.

Car il est évident que depuis le début de cette opération humanitaire menée par le Venezuela le seul réel obstacle était et reste le président Uribe, soutenu par l'armée, les paramilitaires Colombiens et les USA. Il était hors de question de permettre à Chavez de réussir un tel coup politique et médiatique, lui qui se permet de traiter les FARC comme des interlocuteurs, voir plus.

La plupart des retards et reports s'expliquant tout simplement par le bombardement par l'armée des zones d'évacuations prévues, des manœuvres incessantes afin de piéger la guérilla, quand ce n'est pas -allons-y franchement- l'assassinat de l'émissaire de cette dernière!

Mais il est des questions qui en appellent d'autres ,car avant Chavez d'autres s'y sont pourtant essayés sans succès. Vu qu'il semble qu'Emmanuel -dont le père est guérilléro- ne soit pas né "sous la contrainte". Sachant qu'un certain nombre d'hommes et femmes qui furent dans un premier temps prisonniers des FARC et ainsi confrontés aux réalités quotidiennes en zone libérées ou de combats, se sont parfois "rapprochés" de la guérilla. Etant donné que les FARC comme Chavez avaient tout intérêt à voir cette libération couronnée de succès, faisant des premiers des interlocuteurs fiables (tout en obtenant la libération de centaines de guérilléros) et du second un héros là où Sarkozy venait d'échouer. Constatant l'application avec laquelle le gouvernement colombien fait tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher ces libérations, il semble logique de s'interroger sur ses motivations réelles, de se demander pourquoi Uribe et ses alliés préfèrent une Ingrid "otage" et médiatisée mais silencieuse, qu'une Ingrid ou une Clara libre…

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