Tintin au pays des Soviets sort enfin en couleur. Génial ou pas tant que ça?

Il y a pire que le “politiquement correct”, il y a l’ “artistiquement correct”. Quand un artiste reconnu réalise une “oeuvre d’art”, vous pouvez penser ce que vous voulez, que c’est de la propagande nauséabonde, que c’est franchement raciste, que c’est juste merdique, vous n’avez pas le droit de le dire.

 
En Belgique, Hergé est considéré comme “un grand artiste”. Penser du mal de lui ou de son oeuvre est complètement tabou.
 
Pourtant il faut quand même rappeler que Hergé a fait une oeuvre de propagande avant une oeuvre artistique.
 
Son album “Les Aventures de Tintin, reporter du « Petit Vingtième », au pays des Soviets” sort en 1930, à une période où l’anticommunisme primaire est de mise. La menace bolchevique fait trembler dans les chaumières et les fascistes l’utilisent pour recruter et diffuser la peur dans la population afin de favoriser leurs idées au sujet de la nécessité d’un pouvoir fort.
 
Hergé écrit les aventures de Tintin chez les Soviets d’abord dans le Petit Vingtième, supplément du journal bruxellois Le Vingtième Siècle, quotidien qui se définit lui-même comme un « journal catholique de doctrine et d’information ». Ce journal est surtout l’outil de propagande du fascisme mussolinien en Belgique francophone. 
 
Le patron d’Hergé à l’époque ? L’abbé Norbert Wallez, grand admirateur du Mussolini qui sera condamné après la guerre pour faits de collaboration avec les nazis . 
 
Son collègue et ami? Le futur Waffen SS Léon Degrelle, chef de file des rexistes. Il travaille aussi pour le Vingtième Siècle et sera aussi condamné pour collaboration avec l’ennemi.
 
Tout ce petit monde s’entend bien et s’esclaffe en regardant les dessins de Tintin tapant sur des Russes.
 
La propagande anti-communiste a permis d’instaurer un climat qui conduira quelques années plus tard des milliers de communistes belges à Brendonck puis dans des camps de concentration en Pologne ou en Allemagne. Hergé et sa BD en sont -en partie – responsables.
 
Hergé travaille ensuite sous l’Occupation pour Le Soir confisqué par les nazis et devenu leur outil de propagande. Tintin parait dans Le Soir-Jeunesse qui avait aussi une sympathique petite rubrique qui encourageait les lecteurs à envoyer des “histoires juives”. Que c’est drôle! Qu’est-ce qu’on se marre dans l’entourage d’Hergé! Faut-il préciser à quoi a servi toute cette propagande antisémite?
 
Son patron et ami ? Raymond De Becker, auteur du livre “Pour un ordre nouveau”, qui sera condamné à mort par le Conseil de Guerre de Bruxelles à la Libération puis gracié et chassé de Belgique plus tard.
 
Hergé échappe aux poursuites et continue son oeuvre de propagande. Ses caricatures de marchands juifs n’ont plus beaucoup de succès? il les modifie. L’homme sait comment éviter de gros ennuis. Par contre, il ridiculise les Congolais et glorifie la colonisation belge dans Tintin au Congo. Il est islamophobe avant l’heure dans “Tintin au pays de l’or noir”. Bref l’homme n’a rien de sympathique et son oeuvre est tout à fait politique. Il se veut propagandiste de ses idées.
 
Alors je voudrais vraiment qu’on arrête de prétendre que c’est juste de l’art.
 
Nous sommes entrés en 2017 dans un climat de russophobie exacerbée où les médias nous abreuvent de victimes civiles tuées exprès par des méchants bombardiers russes alors que les bombes américaines – elles- ne font que des dommages collatéraux. Nous avons assisté à une remontée spectaculaire de l’anti-communisme primaire, lors des hommages cubains à Fidel Castro. La sortie médiatisée du “remake” de Tintin au Pays des Soviets tombe à pic. Hergé reste le meilleur outil de propagande de la droite belge.
 
 
Source: Investig’Action