Minsk II : Une réussite diplomatique menacée

L’accord réalisé en mars-avril et qui doit être conclu en juin 2015 entre l’Iran et les Grandes Puissances, malgré la vive hostilité d’Israël, le peu d’empressement de la France et les réticences des États-Unis à lever les sanctions économiques en contre-partie des mesures acceptées par Téhéran dans le domaine nucléaire, constitue une exception dans la pratique euraméricaine.
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Photo: Archives Reuters

{ {{«  Les grandes puissances occidentales jouent sur un échiquier où l’Ukraine et l’ex-Yougoslavie apparaissent comme des pions. Il s’agit d’une répétition d’un scénario qui s’est produit en Yougoslavie et a mené à son éclatement pour des enjeux similaires : l’extension de l’OTAN et de l’Union Européenne ».}}
}

Émir Kusturica, Metteur en scène

Ces dernières décennies, violant le principe majeur de la Charte des Nations Unies dont la logique est celle, « horizontale », de la concertation entre peuples souverains et égaux, les États occidentaux ont tenté d’imposer par tous les moyens une gouvernance « supérieure » exerçant une autorité se voulant centralisée sur les peuples et les États, pour le plus grand intérêt des pouvoirs financiers et des grandes firmes transnationales.

Le démantèlement des États-résistants, la création de nouveaux espaces (avec la complicité objective de forces islamistes) (1) facilitant les ingérences et les trafics de toute nature, ont constitué l’essentiel de la diplomatie guerrière de l’Occident : l’incapacité à maîtriser les situations créées (par exemple en Libye ou en Syrie, peut-être bientôt au Yémen), source d’un chaos destructeur est jugée préférable à l’existence de contre-pouvoirs.

Le respect de l’esprit et surtout de la lettre de la loi internationale n’est plus une préoccupation. Le chapitre VI de la Charte axé sur la négociation est quasiment abandonné au profit d’un usage immédiat du chapitre VII visant à la sanction. S’y ajoute une idéologie de la « punition », comme si les puissances occidentales étaient légitiment fondées à donner des leçons de morale à la planète entière !

La conclusion de l’Accord de Lausanne avec l’Iran est une anomalie comparée aux pratiques devenues « banales » recourant à la violence armée et aux embargos, comme en témoignent actuellement l’agression de l’Arabie Saoudite, des États du Golfe ainsi que de l’Égypte et du Maroc, soutenus par les États-Unis et Israël à l’encontre du peuple yéménite privé du droit de décider de son sort (2) et les sanctions économiques visant à « punir » la Russie de sa politique ukrainienne, sans que l’ONU, dans les deux cas, ait la moindre capacité à jouer son rôle.

Dans les deux cas, la notion – contraire à toute logique juridique – de légitime défense préventive inspire les Puissances inquiètes de l’émergence d’une société internationale multipolaire, alors qu’un système impérial monolithique euraméricain avait été espéré dans les années 1990 après la disparition de l’URSS.

Le caractère sommaire des analyses nord-américaines conjuguant les opérations anti-islamistes et le combat contre les forces de résistance pan-arabes en Irak, en Syrie, au Yémen et au Liban, dans une confusion qui ne rencontre pour limite que des intérêts à très court terme, rejoint celles de l’OTAN stimulées par la Pologne et des États baltes, fondamentalement anti-russes, en Ukraine.

Les Accords de Minsk II représentent un échec de la diplomatie occidentale, mais un succès de l’esprit de conciliation.

Tous les grands médias occidentaux, s’abreuvant auprès de l’OTAN (3), ont « travaillé » pour présenter la population russe d’Ukraine comme des étrangers et non comme des Ukrainiens favorables à une fédération à l’intérieur de leur pays et résistant au régime de coup d’état installé à Kiev, à la composition hétéroclite (4°.

Loin de favoriser l’esprit de négociation qui aurait représenté une rupture avec les options militaristes dominantes de la France et des États-Unis, les médias n’ont cessé de diaboliser la Russie comme si elle menaçait toute l’Europe, d’occulter le chiffre réel des victimes civiles des bombardements par Kiev des provinces de l’Est de l’Ukraine, tout en minimisant les lourdes défaites de l’armée « régulière » incapable de rivaliser avec ceux qu’ils appellent les « rebelles » du Donbass.

Le cessez-le-feu entré en vigueur rapidement après la signature de l’Accord de Minsk II a été néanmoins immédiatement jugé incertain voire illusoire, sans que la « responsabilité de protéger les civils » comme principe « juridique » majeur, si souvent invoqué avec force par ailleurs lorsque cela favorise la politique occidentale, ne présentât le moindre intérêt.

Quant à la mise en œuvre des autres dispositions qu’ils prétendent avoir été « arrachées » à la Russie, les médias européens n’insistent que sur la position très réservée des États-Unis (non signataires) qui « jugeront aux actes », comme si le respect de l’accord ne dépendait que de la Russie et sur l’alourdissement éventuel des sanctions…5. Mme Merkel et F. Hollande, parties très actives au contentieux ukrainien, sont présentés comme des « médiateurs » pour « faire front face à Poutine ».

Mais les médias audiovisuels, les plus influents auprès de l’opinion occidentale, se gardent de donner des informations sur le contenu de Minsk II. Or, le seul fait qu’un conflit armé de plus en plus dangereux au cœur de l’Europe ait pu faire l’objet d’une négociation constitue une rupture de la pratique occidentale devenue la règle ces dernières années, en Afghanistan, Irak, Libye, Mali, Centre Afrique, Syrie, etc. La Russie, mais aussi la capacité de résistance du peuple du Donbass qui a été en mesure de témoigner de son existence et donc de la légitimité de ses revendications, ont contraint au dialogue que Kiev refusait, appuyé par les États-Unis, la Pologne, la Roumanie et les États Baltes. Silence évidemment des médias occidentaux !

Contrairement à ce que répète une certaine « élite » occidentale, ce n’est pas une agression qui a été stoppée par l’entente franco-allemande, mais c’est le retour à l’esprit de « guerre froide » qui a subi un échec.

Néanmoins, le contenu de l’Accord de Minsk II est susceptible d’interprétations différentes sinon contradictoires.

Quant à son application, elle est dangereusement menacée par la politique étasunienne et plus encore par les contradictions du régime de Kiev.

{{{1. Minsk II : des dispositions susceptibles d’interprétations diverses}}}

Après des milliers de morts (beaucoup plus que les chiffres officiels, en particulier pour les troupes de Kiev), et les dizaines de milliers de personnes déplacées, le cessez-le-feu est un acquis essentiel. Les milieux occidentaux autorisés si prompts à dénoncer les violations des droits de l’homme partout dans le monde auraient dû s’en féliciter hautement : la réserve a été la règle. Peut-être provenait-elle du fait des pertes importantes et des nombreuses défaites d’une armée « régulière » ukrainienne ayant une faible combativité (malgré l’assistance de forces spéciales de diverses origines) face à ceux que Kiev qualifie de « rebelles » ou de « terroristes », tandis que les Occidentaux se contentent du terme « séparatistes ». Avec le temps, les forces de Donetsk et de Loubansk n’ont en effet pas cessé de gagner du terrain : un arrêt des combats s’imposait pour éviter de nouvelles reculades.

Malgré les titres des médias occidentaux (par exemple, celui du Monde, Paris, du 19 février 2015, osant, en première page, indiquer que Merkel et Hollande ont « arraché » à Poutine un « plan de paix ») le cessez-le-feu s’est imposé pour éviter un échec militaire de Kiev trop spectaculaire.

Le retrait des armes lourdes et l’établissement d’une large zone de sécurité (de 50 à 140 km) entre les belligérants assure essentiellement la sécurité des villes de l’Est et de leur population civile. Le contrôle de la situation militaire « garanti » par l’OSCE est une concession russe : cette organisation qui aurait pu être une structure efficace de coexistence pacifique est en réalité très proche des Occidentaux. Son acceptation par la Russie est une des preuves qu’elle ne recherche aucune solution militaire.

Minsk II prévoit qu’un dialogue doit s’instaurer sur les modalités des élections locales et sur la nature de « l’autonomie » des provinces de l’Est dont les forces ont accepté de ne pas revendiquer, comme c’était le cas jusque-là (comme d’ailleurs pour le Parti Communiste ukrainien), un système fédéral. Toutefois, cette « autonomie » n’est pas interprétée de la même façon par Kiev et par les représentants de Donetsk et de Loubansk. D’ores et déjà, cependant, il est prévu que la langue russe soit celle de Donetsk et de Loubansk et que les élus de ces provinces ne puissent être démis de leur fonction par Kiev avant la fin de leur mandat. Le Parlement de Kiev qui était tenu de voter dans les 30 jours, soit le 15 mars une loi mettant en œuvre cette obligation électorale et décentralisatrice n’y est pas parvenu : en Occident on a fait silence sur cette lourde entorse à Minsk II, conformément à la tradition médiatique établie durant toute la crise ukrainienne, seuls les Russes et les « rebelles » sont coupables ! Or, le Président Poroshenko et le Premier Ministre Iatseniouk sont en conflit et les milices d’extrême droite pèsent de tout leur poids sur l’application de l’Accord.

Toute une série de mesures humanitaires ont aussi été décidées (grâce et amnistie pour les individus poursuivis, libération des prisonniers, protection des accès à l’aide humanitaire). Kiev a dû accepter, en conformité avec sa propre logique selon laquelle les provinces de l’Est sont parties intégrantes du territoire national, de rétablir les relations socio-économiques au bénéfice des populations de l’Est (relations bancaires, versement des retraites, des prestations sociales, etc.), en dépit de leur dissidence.

Par contre, Kiev a obtenu que les frontières avec la Russie (400 km) soient placées sous le contrôle du pouvoir central (et non plus de l’OSCE). Toutefois, cette disposition n’est applicable qu’après les élections prévues et en collaboration avec les représentants élus du Donetsk et de Loubansk. A défaut du respect de ces dispositions associant l’État et l’Est, le contrôle de la frontière restera administré par les représentants locaux.

S’ajoute à ces dispositions le retrait sans condition de toutes les forces étrangères et équipements militaires, sous le contrôle de l’OSCE, y compris les mercenaires de tout bord et les individus et conseillers militaires de toutes catégories.

Simultanément, les États-Unis – qui ne se considèrent jamais liés par aucun accord multilatéral – interviennent sans respect de Minsk II, en participant à la formation de troupes de choc ukrainiennes et en fournissant des armes à Kiev, malgré le désaccord de la France et de l’Allemagne. Ils poussent le paradoxe de ne pas lever les sanctions prises contre la Russie comme si elles n’avaient qu’une relation très indirecte avec la crise ukrainienne. C’est qu’en effet, elles sont nuisibles surtout aux économies russes et européennes !

Enfin, avant la fin de 2015, une réforme constitutionnelle doit institutionnaliser l’autonomie de l’Est, tandis que le Groupe de Travail réunissant l’Ukraine, la Russie et les deux « Républiques Populaires » de l’Est doit parvenir à régler définitivement les contentieux.

Ces dispositions sont mises en œuvre dans le cadre de la Déclaration du 12 février 2015 qui réaffirmait « la souveraineté et l’intégrité » du territoire de l’Ukraine, l’exigence de solutions exclusivement politiques et non militaires, le dialogue entre l’Union Européenne, l’Ukraine et la Russie, avec en perspective la création d’un « espace commun de l’Atlantique au Pacifique », conformément aux principes du droit international et de l’Union Européenne.

{{{2. Les menaces sur Minsk II}}}

Comme c’est le cas pour tout accord conclus entre adversaires, les arrière-pensées ne manquent pas. Chaque partie demeure sur ses gardes.

Il est clair que la Russie demain comme hier ne peut accepter à ses frontières des installations militaires hostiles (6), c’est-à-dire celles de l’OTAN, malgré les encouragements en ce sens développés par la Pologne, les États Baltes et la Roumanie qui entendent ainsi manifester leur existence au cœur des relations internationales.

En tout état de cause, on ne peut cependant attribuer à la Russie une pleine responsabilité : les actes des deux « Républiques Populaires » autoproclamées ne sont pas placés sous la pleine maîtrise des autorités russes (7).

Les populations locales, par les élections qui, en pleine guerre, ont désigné en masse leurs représentants opposés à Kiev et surtout par leur résistance militante de l’ensemble des civils sous les bombardements de l’artillerie de Kiev, constitutifs de crimes de guerre, ont témoigné d’une réelle volonté « d’autonomie » et certainement davantage. Dès l’origine, cependant, si la Russie entendait récupérer la Crimée artificiellement détachée de la patrie-mère, elle n’a jamais prétendu vouloir « annexer » le Donbass, alors qu’elle en a les moyens militaires et politiques.

Vis-à-vis des populations de l’Est de l’Ukraine, la Russie, comme ne manquent pas de le faire les puissances occidentales dans diverses régions du monde, au gré de leurs intérêts, défend le droit des minorités russophones (comme elle le fait vis-à-vis des États Baltes) ce qui est parfaitement conforme à la légalité internationale8. Les préoccupations nationales, qu’il s’agisse du maintien de la paix face aux menaces explicites de l’OTAN9 ou des besoins économiques, l’emportent sur les appels des russophones de l’Est ukrainien. Toutefois, la Russie sait que Kiev, actuellement dans une situation financière, économique et sociale très difficile, partagée entre des courants bellicistes (10) et des instances plus prudentes, les uns et les autres étant liés aux Allemands et aux Américains, n’a pas réellement accepté de mettre en œuvre Minsk II. C’est donc vraisemblablement de manière réactive que la Russie déterminera sa conduite dans la période à venir (11).

Kiev, si l’Occident lui en donne les moyens matériels, peut avoir la volonté de gommer Minsk II, en ne respectant pas l’esprit de l’accord, par exem gommer Minsk II, en ne respectant pas l’esprit de l’accord, par exemple, à propos des dispositions concernant « l’autonomie » de l’Est et le contrôle des frontières.

C’est le rejet absolu du fédéralisme, qui fonctionne pourtant dans de nombreux États, malgré le risque d’un affrontement permanent et le refus de négocier avec les autorités des « Républiques Populaires de Donetsk et de Loubansk » qui créent les conditions d’une sécession définitive.

Jacques Sapir le constate : « Kiev n’a nullement l’intention d’appliquer les clauses politiques de l’accord et refuse toute fédéralisation du pays. Dans ces conditions, la guerre reprendra inévitablement » (12).

De plus, des contradictions se manifestent entre oligarques ukrainiens. Certains s’opposent à l’objectif-clé de l’Union Européenne et des États-Unis qui consiste à prendre le contrôle des entreprises énergétiques qui assurent le transport du gaz vers l’Ouest (13).

Les relations internes des forces politiques dominantes à Kiev sont tout aussi contradictoires. Le parti néonazi Pravy Sektor, lié à l’état-major militaire, l’est aussi avec un oligarque du sud ukrainien, Kolomoisky, soucieux avant tout de conserver son fief d’Odessa. Des mercenaires, via des sociétés privées américaines, ont été embauchés et sont susceptibles de faire pression sur le Président Porochenko en faveur de la reprise des hostilités. Le maintien des sanctions européennes et américaines contre la Russie qui ont perdu leur fondement depuis l’accord conclu est un indicateur du caractère « provisoire » dans l’esprit des Occidentaux de l’Accord de Minsk, dans l’attente de nouveaux rapports de forces sur le terrain.

L’OSCE n’a ni les moyens ni surtout l’objectivité nécessaire pour faire respecter Minsk II conformément aux intérêts du maintien de la paix (14).

Quant aux moyens de la propagande étasunienne, ils sont d’un tel volume (par exemple, avec l’Atlantic Council), qu’il est possible aux États-Unis de développer une vaste campagne anti-russe dans l’ensemble de l’Europe justifiant une nouvelle politique de force.

Enfin et surtout peut-être, le pouvoir de Kiev, en grande difficulté politique, économique et sociale, a besoin de mener une politique active de diversion pour se maintenir : l’ultra-nationalisme anti-russe et le sécuritarisme sont ses armes les plus efficaces pour se pérenniser. Sa consolidation peut exiger un nouvel affrontement armé et le refus de toute « autonomie » aux russophones de l’Est.

L’affaire ukrainienne n’est pas une question isolée du contexte mondial. Elle ne peut être réglée comme s’il s’agissait d’un cas particulier. C’est globalement que les Grandes Puissances et leurs alliés respectifs peuvent faire évoluer les relations internationales vers une nouvelle coexistence pacifique, doublée d’une coopération plus développée, pour échapper à une nouvelle guerre froide, coûteuse pour tous économiquement, socialement, et plus encore dangereuse pour la paix.

Une réponse à la situation de tension qui s’est développée entre les deux Europe ainsi qu’entre les États-Unis et la Russie pour le simple fait essentiel qu’elle se reconstitue en grande puissance, serait une nouvelle « Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe », inspirée de la Conférence d’Helsinki de 1975. La conclusion de l’Acte Final, signé le 1er août 1975, visait à restructurer, dans tous les domaines, les relations entre l’Est et l’Ouest. Cette Conférence d’Helsinki n’a abouti que parce que l’URSS avait fait preuve à son sujet d’une grande persévérance.

« Helsinki II » devrait pouvoir, à l’occasion du quarantième anniversaire « d’Helsinki I », logiquement plus facilement qu’hier, réunir tous les États européens avec les mêmes préoccupation de développement commun, de détente politique et de maintien de la paix.

Les principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies (égalité souveraine des États, non recours à la menace ou à l’emploi de la force, non intervention dans les affaires intérieurs, règlement pacifique des différends, etc.),pourraient ainsi connaître une renaissance susceptible de sensibiliser tous les peuples concernés à condition qu’ils sachent se les approprier afin de leur donner la plus grande effectivité possible. La crise ukrainienne aurait donc été utile, en faisant progresser la société internationale toute entière.

{{{Notes:}}}

1) L’Histoire enseigne que, par exemple, l’Empire Ottoman, mosaïque de nature religieuse, adversaire des États européens, a été démantelé par la stimulation du nationalisme arabe et la création de plusieurs États placés longtemps sous la tutelle anglo-saxonne et française. Un processus inverse a été mis en œuvre contre les États-Nations lorsque ces derniers ont eu tendance à « se mettre à leur compte », les ingérences occidentale jouant alors la carte du religieux et des divisions de l’Islam !

2) Israël, sous prétexte de jouer « sa survie » face à l’Iran, apporte son soutien à l’agression saoudienne et joue la « carte sunnite » pour favoriser un front anti-iranien. L’opération militaire saoudienne contre les Houthis profite à Al-Qaïda et à la branche la plus extrémiste du réseau sunnite.

3) Voir, par exemple, Investig’Action. Atlantic Council : quand les médias français s’abreuvent directement à l’OTAN. L’Atlantic Council (fondé en 1961) est un « cercle de réflexion atlantiste » (animé notamment par Z. Brzezinski, Fogh Rasmussen, J.M. Barroso, etc.) dont les thèmes privilégiés sont la nécessité pour les États-Unis de conserver leur leadership et de favoriser les firmes transnationales.

4) Le Président Poroshenko est plus à l’écoute des États-Unis que ne l’est le Premier Ministre, ultra-nationaliste et anti-russe, incarnant le « parti de la guerre ».

5) Cf. par exemple, Le Monde du 13 et du 14 février 2015.

6) Aucune grande puissance n’admet être menacée à ses frontières, en tout premier lieu les États-Unis : il convient de se remémorer, par exemple, l’affaire des fusées soviétiques devant s’installer à Cuba (c’est-à-dire à 250 km des côtes américaines) et les risques de troisième guerre mondiale que cela avait provoqué

7) Il en est de même pour les forces d’extrême droite qui soutiennent le Premier Ministre du gouvernement de Kiev et qui n’apprécient pas le Président ukrainien.

8) L’Occident a ainsi par exemple soutenu l’autonomie kurde en Irak, sans tenir compte de la volonté de Bagdad, et créé l’État du Kosovo, malgré l’opposition de Belgrade.

9) Lors de la Conférence annuelle sur la sécurité, le 7 février 2015, à Munich, le Commandant en chef des forces de l’OTAN en Europe, le général P. Breadlove, a pu déclarer : « Nous ne devons pas exclure la possibilité d’un scénario militaire », rappelant les positions prises par les Occidentaux à la veille des guerres contre l’Irak et la Libye.

10) Kiev développe, en dépit du silence médiatique occidental sur ses comportements, des attitudes directement inspirées par Pravy Sektor, force néonazie, rejoint pas le Ministre de la défense, conciliant avec des milices d’extrême-droite particulièrement anti-russes. La délégation ukrainienne à l’Assemblée Générale des Nations Unies a d’ailleurs voté (avec les États-Unis et le Canada et l’abstention des membres de l’Union Européenne) contre une résolution proposée par le Brésil et la Russie condamnant la glorification du nazisme de décembre 2014. Cf. L’Humanité. 6.1.2015.

11) A la différence de l’Ukraine dont les « portes de sortie » de sa crise intérieure sont très limitées, la Russie, en dépit des difficultés dues au contexte économique mondial (prix du pétrole et du gaz, par exemple) et des sanctions économiques, travaille à l’édification (difficile mais réaliste) de différentes solutions (l’Union Économique Eurasiatique, les accords avec les Brics, le développement des relations économiques avec la Chine. Voir, par exemple, J. Verceuil dans Le Monde Diplomatique de février 2015).

12) Voir RussEurope : blog de J. Sapir ; « Peut-on sauver l’accord de Minsk ? ».

13) Dans la confusion, on constate en plus de la vague de démissions que connaissent plusieurs sociétés et administrations régionales, une vague de « décès » qui frappe les anciens cadres du parti des Régions (la formation de l’ex-Président) parmi lesquels M. Chechetov, S. Miller, A. Peklushenko, S. Walter, N. Sergienko, A. Kolesnik, A. Bordyuga.

14) C’est ainsi que l’OSCE fait état régulièrement des différentes rencontres avec les différentes parties au conflit.

Source: Investig’Action