Les Brèves de Notre Amérique: janvier 2017

Gasolinazo: des révoltes éclatent au Mexique

 


Ce début d’année 2016 aura été tout sauf tranquille pour le président méxicain Pena Nieto. Depuis dix jours, des dizaines de milliers de personnes, comme les étudiants, travailleurs et leaders paysans, manifestent contre une hausse du prix de l’essence de 20%. Le litre d’essence a ainsi atteint 88 centimes de dollar, tandis que celui du diesel s’est élevé à 83 centimes.

Le blocage des stations a entraîné la pénurie de nombreux produits dans les magasins, en raison du processus de négociation ouvert entre le gouvernement et les représentants des entreprises de transports. Depuis le début des protestations, on y dénombre 6 morts et environ 1500 détenus.

Les porte-paroles du gouvernement néolibéral ont défendu cette “mesure de libéralisation graduelle” des prix de l’essence. Elle se situe dans le cadre de la privatisation de l’énergie approuvée par la réforme de 2014, suite à laquelle le Mexique est devenu un pays importateur de pétrole.


Equateur: Présidence du G77

 


Lors d’un de ses derniers déplacements à l’étranger en tant que Président de l’Equateur avant les élections prévues au mois de février, Rafael Correa s’est rendu au siège des Nations Unies New York le 13 janvier afin d’inaugurer la Présidence du G77 par son pays. Correa a souligné que cette désignation représente une “reconnaissance du leadership mondial de l’Equateur et du processus de changement qui s’y déroule”.

Le président équatorien a expliqué que cette prise de fonction doit servir à relancer les travaux développés par le G77, comme l’interdiction des paradis fiscaux, la lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent ou l’évasion d’impôt, considéré par Correa comme “l’un des principaux ennemis des états, puisqu’elle nuit surtout aux nations pauvres qui ont besoin de ces ressources”.

 


Bolivie : Conseil de Sécurité des Nations Unies

 


En date du 1er janvier 2017, la Bolivie a pris ses fonctions en tant que membre non permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies. C’est la troisième fois dans l’histoire de cet organisme international où la Bolivie assure cette responsabilité. L’ambassadrice de la Bolivie à l’ONU, Sacha Llorenti, a rendu publics les sujets prioritaires pour son pays comme : “les questions régionales dont la paix en Colombie, le Haiti; et des questions globales comme le Sahara Occidental et la Palestine”.

Pour sa part, le président aymara Evo Morales a annoncé la couleur, avec son souhait que la Bolivie devienne “la première voix des peuples au monde”. Lors de la première réunion du Conseil, le 5 janvier, elle a participé dans l’élaboration d’un document sur la situation en République Démocratique du Congo.


Nouveau Livre: Comprendre le Venezuela

Dans cet ouvrage de référence, l’historien vénézuélien Andrés Bansart accompagne le lecteur à travers un voyage dans le Venezuela contemporain, de la naissance de l’État pétrolier jusqu’à la rébellion populaire du “Caracazo” et la refondation de la démocratie participative grâce à la Révolution bolivarienne, en passant par la longue période du bipartisme.

De manière simple et agréable à lire, l’auteur expose les principales conquêtes et défis du processus actuel situé dans la droite ligne de l’œuvre exceptionnelle du « Comandante Chávez », qui s’attela à changer le cours de l’histoire de son pays et de son continent : les grandes Missions sociales, le Pouvoir Populaire des Communes, la guerre médiatique, la bataille pour la démocratisation des médias ou encore la promotion d’un monde multipolaire…

Bansart décortique également la période “après-Chavez” à travers le testament politique de Chavez, le “Golpe de Timon”, et il avance de nouvelles perspectives, tout en démentant les mauvais augures de ceux qui annonçaient que les jours de la Révolution étaient comptés.

Ce livre est unique et salutaire dans le contexte actuel, où tout est fait pour empêcher les gens de réfléchir, pour comprendre qu’il n’est pas seulement possible d’opposer une résistance au néolibéralisme, mais que les processus révolutionnaires permettent également aux peuples de découvrir leur potentiel et leur créativité, en déclenchant une vague de solidarité et de fraternité capable de déplacer des montagnes.

 

Source: Le Journal Notre Amérique, janvier 2017