Les 4 plus grands échecs de la droite vénézuélienne en 2016

En ce début d’année, il est impossible de ne pas se souvenir des déclarations du président de l’Assemblée Nationale Henry Ramos Allup il y a un an, lorsqu’il considérait le chavisme comme étant liquidé. Il disait, à la tribune de l’Assemblée, qu’en moins de 6 mois son équipe trouverait le moyen de faire tomber le président Maduro. Il se croyait aussi près du pouvoir que le palais législatif l’est de Miraflores. La myopie de son parti (“Action Démocratique”) est aussi politique et il n’y a pas de lunettes qui corrigent ce défaut.

A partir de là, la direction de l’anti-chavisme s’est chargée de dilapider son capital politique avec des promesses non tenues et de fausses attentes, remplissant son bref parcours au pouvoir législatif de défaites, d’échecs et provoquant surtout une grande déception chez ceux qui lui avaient fait confiance.

On peut facilement considérer celle-ci comme la première des erreurs qui a ouvert la voie aux autres. Même en participant au pouvoir de l’Etat qui lui donnait l’opportunité d’initier des lois et des politiques publiques pour améliorer la situation économique critique du Vénézuélien ordinaire, l’anti-chavisme a pris l’option d’aller plus loin dans le sabotage, les demandes d’intervention étrangère et la guerre politique contre le reste de l’Etat, la considérant comme une voie rapide pour prendre le pouvoir politique sans tenir compte de ses coûts humains et sociaux. Cela a mis encore une fois en évidence son mépris pour les humbles de ce pays.

La guerre économique contre notre peuple, plus qu’une méthode de l’anti-chavisme pour atteindre des positions de pouvoir, prouve ce que l’anti-chavisme entend par exercice de la politique. En ce sens, il est naturel qu’il transfère cette matière à l’Assemblée Nationale et l’inscrive à l’ordre du jour législatif. La direction de l’anti-chavisme a eu le pain et le couteau pour gagner une légitimité aux yeux de la population, pour démontrer qu’elle mettrait à profit son influence sur le pouvoir public pour coordonner ses efforts avec ceux du Gouvernement Bolivarien pour résoudre l’urgence de la crise économique qui perdure. Selon l’institut de sondages Hinterlaces, plus de 70% des Vénézuéliens soutiennent le dialogue entre le chavisme et la MUD. Cette direction a pourtant négligé l’espoir suscité et quitté brusquement la table comme l’aurait fait un enfant mal élevé.

Le peuple, au-delà de ceux qui ont voté et de ceux qui n’ont pas voté, de ceux qui se sont abstenus pour des raisons légitimes et de ceux qui ont voté fidèlement pour la Révolution, des gagnants et des perdants de cette journée, attendait un geste d’effort conjoint. La balle était dans le camp des anti-chavistes et ils ont préféré bloquer le jeu.

Ils ont refusé d’entamer des pourparlers même quand le Gouvernement Bolivarien leur a tendu la main à nouveau pour discuter au mois de janvier. Ils ont alors aggravé l’attaque politique en refusant de reconnaître l’Etat en tant qu’institution et le chavisme en tant que force politique et ils ont à nouveau exploré, avec encore plus de force qu’en 2002-2003, la voie du coup d’Etat pour attaquer le pouvoir. Leur intention reste de détruire la nation vénézuélienne pour la revendre et bénéficier de ses énormes ressources énergétiques et minières. Un pays ruiné et avili, voilà pourquoi ils conspirent sans repos…

Et c’est ainsi qu’au mois de février, ils ont organisé de façon assez insolente un lobby international avec Luis Almagro et la droite de la région dans le but de faire pression et d’aboutir à l’application de la Charte Démocratique de l’OEA. Mais la demande illégale du referendum révocatoire a quand même fini par échouer. Le chavisme a réussi à démanteler cette opération internationale. Second échec qui s’ajoute au palmarès anti-chaviste de 2016.

Le troisième, qui n’est pas le moins important, concerne leurs tentatives, à quatre reprises, de rejeter et de rendre sans effet les Décrets d’Etat d’Exception et d’Urgence Economique pris par le président Nicolás Maduro. Ces décrets avaient pour but de résoudre certains problèmes particuliers et généraux de la situation économique du pays affectée non seulement par le sabotage intérieur mais aussi par des événements extérieurs comme la chute des prix du pétrole et le blocus financier. Ils n’ont pas pu empêcher l’entrée en vigueur de ces décrets, ni celle de la Grande Mission Approvisionnement Souverain, ni le retrait de la circulation du billet de 100 bolivars à partir du 2 janvier. Troisième échec.

Confortant son refus de reconnaître l’Etat vénézuélien et ses pouvoirs, la nouvelle Assemblée Nationale a essayé de remplacer illégalement le Tribunal Suprême de Justice et le Conseil National Electoral par des magistrats alliés à ses intérêts politiques. Elle n’y a pas réussi non plus. Le Tribunal Suprême de Justice continue à remplir ses fonctions constitutionnelles. Etant donné la désobéissance permanente de l’Assemblée Nationale, après qu’elle n’ait pas expulsé officiellement 3 députés élus suspectés de fraude dans l’état d’Amazonas, 2 recteurs du CNE dont le mandat était fini ont été nommés.

Le 4° échec concerne l’ouverture attendue avec impatience d’un « canal humanitaire » pour ouvrir définitivement la voie à une intervention dosée dans notre pays. Cela a été une des exigences les plus importantes de l’Assemblée Nationale tandis que le lobby de Luis Almagro de l’OEA et la campagne sur la « crise humanitaire » prenaient de l’ampleur. Bien que les tenants de l’anti-chavisme aient tenté d’interpréter comme une victoire politique le déclenchement par le Gouvernement Bolivarien des mécanismes de l’ONU et de l’OMS (auxquels il avait adhéré depuis longtemps) pour améliorer l’approvisionnement en médicaments, l’absence de « canal humanitaire » est un autre échec qui s’ajoute à la liste.

Les lois d’amnistie pour escroquerie immobilière, les lois sur les télécommunications, le secteur de l’électricité et tant d’autres qui sont restées lettres mortes cherchaient, entre autres choses, à rendre aux entrepreneurs privés les secteurs stratégiques de l’économie du pays et à amnistier les criminels responsables de la mort de Vénézuéliens pour des raisons politiques. Toutes ont échoué parce qu’elles n’étaient pas conformes à la Constitution. Mais ce n’est pas la seule raison : comme aucune ne cherchait à résoudre les problèmes économiques quotidiens du Vénézuélien ordinaire, elles n’ont eu aucun soutien et n’ont suscité aucun intérêt de la part de la population. Elles étaient aussi lointaines que leur chance de prendre le pouvoir politique en 2016. Avec ces tentatives de lois, ils ont aussi avoué leurs intentions réelles dans l’hypothèse où ils arriveraient à gouverner à nouveau le pays.

Et peut-être le pire de leurs échecs a-t-il été de prétendre qu’au Venezuela les institutions représentatives indiquaient le rythme politique. Que le cœur politique du pays se situait, dès le début de cette année, dans ce palais où siège l’Assemblée Nationale, dans le centre de Caracas.

La démocratie participative et agissante est née pour rester. Dans notre Amazonas, par exemple, elle est vivante, florissante et elle se construit pas à pas sur la base de l’héritage du Commandant Hugo Chávez et sous la direction du président Nicolás Maduro. Et nous le disons sans autre prétention que de dire la vérité sur ce qui se passe. Malgré les difficultés que nous avons dû vivre à cause de l’éloignement et du fait que nous sommes un état frontalier, nous sentons la décision de ce bon peuple originaire de cette terre de résister et de créer, pour construire l’Amazonas du futur dans le cadre de cette belle patrie bolivarienne.

C’est là qu’est né le pouvoir de la Révolution Bolivarienne, son espoir en l’avenir, tandis que l’image deHenry Ramos Allup continue à être celle du député d’AD qui a toujours parlé à la télévision.

Traduit de l’espagnol par Françoise Lopez pour Bolivar Infos
Source: Mision Verdad