Le Journal de Notre Amérique n°22 : Trump, un renfort inattendu ?

L’ère Trump a commencé ! Nous avons donc été avertis. A quoi rime en Amérique Latine l’investiture de ce président expert dans le show business? Ses déclarations tonitruantes ont annoncé la couleur : une cruelle stigmatisation des étrangers, un profond mépris des latinos et la déportation de milliers de migrants. Si la forme de son programme peut choquer, sur le fond on n’est pas très loin du bilan d’Obama, ce discret gentleman qui, selon les estimations, a expulsé deux millions de migrants. Quant à l’ex-secrétaire d’Etat et candidate déchue Hillary Clinton, sa responsabilité dans de nombreux conflits semble désormais bien établie. Alors les guerres, coups d’Etat et autres déstabilisations issues du “regime change” n’ont-ils rien à voir avec le malheur dont essaient d’échapper les migrants? Etrange myopie de l’esprit, celle qui ne voit que les effets et qui efface les causes.

Que faut-il alors attendre du nouvel empereur, si ce n’est la continuité par rapport à ses prédécesseurs ? Le vrai changement se jouera moins dans le jeu d’alternance entre républicains et démocrates que dans l’évolution, grâce au rapport de forces, vers un monde multipolaire où le droit international puisse enfin régner en faveur des peuples. L’intégration régionale de Notre Amérique sera-t-elle une pièce maîtresse dans ce puzzle où rien n’est joué d’avance? Face à l’imprévisible Trump, même les anciens alliés comme le Mexique semblent déboussolés. Evo Morales n’a pas raté l’occasion pour inviter son homologue à tourner son regard vers le Sud et rejoindre la Grande Patrie latino-américaine.

L’oncle Sam a des soucis à se faire. Il se croyait maître du monde et n’avait qu’une seule conviction : tout peut s’acheter, tout est à vendre. Mais le réveil a été brutal et maintenant il voit son hégémonie menacée. C’est pour rétablir sa crédibilité, qu’il commence par réparer son amour propre. “Make America great again” c’est l’identité nationale, encore et toujours. Le repli identitaire est révélateur de rêves de grandeur dangereux. Dans un univers où règnent l’image et le symbole, Trump n’a pas à chercher loin son anti-modèle. Le socialisme du XXIème siècle de Chavez, Evo et Correa, qui a puisé sa force morale dans le réservoir de Cuba, l’île rebelle.

Comme l’épopée cubaine l’a prouvé une fois pour toutes, l’histoire garde toujours quelques cartes dans sa manche. Les peuples de Notre Amérique peuvent l’écrire à leur façon. La dernière session de la CELAC qui vient d’avoir lieu montre le chemin à suivre: unité dans la diversité ! Bolivar avait rêvé d’une citoyenneté latino-américaine. Correa, Evo et Maduro l’ont fait. Face au mur de l’intolérance de Trump, Notre Amérique ne peut que sortir renforcée.

SOMMAIRE

L’Edito
par Alex Anfruns

NOTRE AMERIQUE

Trump et l’Amérique Latine
par Silvina M.Romano

Etats-Unis, Cuba et la « la soupape de sécurité »
par Antonio Rodriguez Salvador

“Il n’y a pas de fin de cycle ; nous pouvons faire un bond décisif” 
par Marina Pérez Damil et Pablo Gandolfo

EQUATEUR

Elections en Equateur : en avant vers les conquêtes populaires !
Par Alex Anfruns et Rémi Gromelle

La CIA contre l’Equateur
Par TeleSur

VENEZUELA

“Le peuple reste fidèle à la Révolution Bolivarienne” 
Par Alex Anfruns

Pourquoi la vente d’essence vénézuélienne en pesos gêne la Colombie
par Franco Vielma

BRESIL

Le scandale de corruption du Brésil devient international
par Raf Custers

Brésil : Temer, c’est fini
par Dario Pignotti

 

Source : Journal de Notre Amérique