Le Journal de Notre Amérique n°20: L’héritage de Fidel

“Moins de paroles, plus de faits !” Telle est la consigne qui pourrait résumer la pensée politique du Commandant en chef Fidel Castro. En janvier 1959, un petit groupe de 86 combattants réunis sous le nom de “Mouvement du 26 juillet” mit un terme à la dictature de Fulgencio Batista. Rapidement, le jeune leader mit en avant la nature socialiste de la révolution. Ses priorités: l’éradication totale de l’analphabétisme, la réforme agraire, le développement d’un système de santé. En 10 ans, l’espérance de vie passa de 64 ans à 70 ans. Des maladies comme la polio ou la malaria disparurent. Les jeunes médecins se déployèrent dans toutes les régions rurales de l’île, où ils se mirent au service des plus démunis pendant des périodes de deux ans. Un modèle de médecine préventive fut privilégié…

Pour les USA, les guérilleros avaient franchi une ligne rouge. Fin des années 1950, le maccarthysme battait toujours son plein. L’étiquette de communiste était collée aux gouvernements insoumis et trop indépendants. Au Guatemala par exemple, le gouvernement de Jacobo Arbenz subit de plein fouet une furieuse campagne médiatique dans le cadre de la guerre psychologique tous azimuts de la CIA: presse, radio, rumeurs… L’objectif? Diminuer drastiquement le soutien populaire d’Arbenz, l’isoler sur le plan international. Le président dominicain Juan Bosch, lui aussi renversé en 1963, définit la nouvelle ère de l’hégémonie USA sous cette formule:” le pentagonisme, substitut de l’impérialisme”.

Dès 1961, l’empire mobilisa tous les moyens à sa portée pour combattre le mauvais exemple de la petite île rebelle. D’abord, en lançant une intervention militaire depuis la côte de Miami : l’invasion de Playa Girón-, qui eut lieu du 15 au 19 avril 1961. Ce fut une défaite humiliante pour les USA. Ensuite, avec l’Alliance pour le Progrès de Kennedy, les gouvernements latinos obéissants furent financés à hauteur de 20 milliards de dollars en l’espace de dix ans. Il fallait installer un cordon sanitaire autour de Cuba socialiste. Enfin, il y eut plus de 600 tentatives de magnicide contre le Commandant en chef Fidel…

Mais les révolutionnaires cubains connaissaient la chanson. Et aussi la leçon du Guatemala. Ils étaient guidés par les idées de José Marti : “un peuple instruit sera toujours fort et libre”. Face aux campagnes de diffamation et à la propagande, Fidel a toujours accordé une importance cruciale à la culture et à la bataille des idées pour l’émancipation des peuples opprimés. Comme l’a expliqué Evo Morales, dans les luttes syndicales des années 1980, l’étiquette n’était plus celle de communistes, mais de “narcotrafiquants, de terroristes…Mais les Etats-Unis n’ont pas lutté contre le narcotrafic, ce n’était qu’un prétexte pour exercer leur mainmise géopolitique.” Il est impossible de comprendre le présent et futur de l’Amérique Latine sans l’impact que la révolution cubaine a eue sur le destin de millions de personnes. Elle reste une source d’inspiration pour les mouvements révolutionnaires du monde entier.

 

Sommaire

Source: Investig’Action