Le Journal de Notre Amérique n°18: Oui à la paix!

Lors de la signature des accords de paix le 26 septembre dernier, le chef des FARC-EP Timoléon a demandé pardon aux victimes civiles du conflit. Le 2 Octobre, le référendum soumis au peuple colombien à propos des accords de paix entre le gouvernement et la guérilla a donné une légère majorité au Non. Le 7 Octobre, le Président Santos a reçu le prix Nobel de la paix. Mais cette chronologie des principaux événements exposés dans les médias cache l’essentiel…

En effet, alors que les dirigeants des FARC assument le fardeau de l’histoire par leur demande de pardon au moment de la signature, le Président Santos a évité de faire la même chose. Une opération de ‘com bien calculée ou un simple “oubli”? Dans tous les cas, bien que les accords de paix reflètent une responsabilité partagée, les faits restent têtus. Le gouvernement est responsable de 75 % des victimes civiles du conflit.

Le référendum a mis en lumière la question cruciale du rôle des médias. Dans nos médias en effet, la Colombie est présentée comme un pays ami, démocratique, un allié de l’OTAN. Le terrorisme d’Etat est ainsi réduit au silence. Les accords de paix réussiront-ils à changer le discours dominant assené à coup de médiamensonges ? Au cours de la campagne pour le référendum, nous avons constaté le contraire. La campagne pour le Non a bénéficié du soutien des grands groupes économiques, y compris celui de la famille Uribe qui a craint que sa complicité active avec le phénomène du paramilitarisme l’amène au tribunal dans le cas où le Oui à la paix aurait prospéré…

Peut-être Juan Manuel Santos est-il un digne dépositaire du prix Nobel de la paix, en tant que Président de tous les Colombiens représentés par le gouvernement, durant les négociations à La Havane qui ont démarré en 2012. Mais il ne faut pas oublier qu’il était aussi le ministre de la Défense d’Alvaro Uribe et que celui-ci est accusé devant la Cour de la Haye de crimes contre l’humanité. Les espoirs énormes soulevés par la signature des accords devraient conduire à un programme de lutte contre l’impunité et la récupération de la mémoire historique d’un peuple martyrisé depuis trop longtemps. Il est temps de marcher fermement sur le chemin de la paix, de concert avec la justice.

Source: Investig’Action

 

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