Journal de Notre Amérique 14: No pasaran !

La démocratie vient de voler en éclats au Brésil. Telle une farce qui rend possible l’improbable, la destitution de Dilma a été le fait d’une alliance de parlementaires baignés dans les cloaques de la corruption.Leur rhétorique misogyne et pleine de mépris envers les classes populaires n’a été que le feu d’artifice d’un vieux projet revanchard. En effet, la droite était résolue à en découdre avec le cycle politique enclenché par la victoire de Lula en 2002.

Souvenons-nous, quand ce syndicaliste combatif rendit visite au texan Bush Jr. en pleine guerre d’Irak, il osa lui répondre que sa préoccupation majeure n’était pas la guerre contre le terrorisme, mais bien la lutte contre la faim et l’extrême pauvreté dans son pays. Le programme « Faim Zéro » allait permettre que 28 millions de personnes sortent de la pauvreté, favorisant ainsi l’inclusion scolaire. Le salaire minimum augmenta de 72% entre 2002 et 2013. Le Brésil de Lula et Dilma était à la tête des Objectifs du Développement du Millénaire des Nations Unies. Qui avait intérêt à détruire cet exemple qui pourrait inspirer d’autres pays ?

Dans ce numéro du Journal de Notre Amérique, nous dévoilons quelques-uns parmi les principaux auteurs de ce coup d’Etat institutionnel. Depuis l’arrivée au pouvoir de Michel Temer, le vice-président de Dilma qui a retourné sa veste, se succèdent les mouvements en faveur d’un changement de cap. C’est comme si la droite était consciente qu’elle n’a pas de temps à perdre à cause de son manque de légitimité. Car ce n’est plus la question sociale qui l’intéresse : la récente réunion du nouveau ministre de l’Economie avec les représentants de transnationales en est la preuve. L’intégration régionale à travers l’UNASUR, le MERCOSUR et le CELAC est repoussée sans ménagement. L’alliance avec le nouveau gouvernement de Macri en Argentine (qui vient de recevoir les félicitations d’Obama pour ses politiques de coupes budgétaires : plus de 150.000 fonctionnaires licenciés en seulement quelques mois !), ceci annonce un danger majeur pour la région.

Après les coups d’Etat silencieux au Honduras en 2009 et au Paraguay en 2012, c’est un pivot régional en faveur de la paix qui vient d’être sabordé. Le Venezuela et les pays de l’ALBA sont désormais dans la ligne de mire. L’impérialisme ne connaît pas de vacances. La solidarité avec les peuples du Sud n’est pas évidente lorsque chacun/e doit se concentrer sur sa survie. D’où notre appel : le droit pour une information indépendante et la lutte contre les médiamensonges sont une responsabilité citoyenne et l’enjeu de notre avenir commun. No pasaran !

Journal de Notre Amérique n°14: No pasaran ! by Investigaction