Equateur : Qu’est-ce que la zone franche proposée par Lasso ?

Pendant sa campagne électorale, le candidat à la présidence de l’Equateur, Guillermo Lasso, a promis au peuple de Manabí de créer une zone franche pour toute la province qui « bénéficierait à des secteurs comme le tourisme, l’investissement, la construction, la santé et d’autres. » Quelles conséquences sociales se cachent derrière cette promesse de campagne?

 La proposition de l’alliance de droite CREO- SUMA parie sur la privatisation de la santé pour éviter à l’Etat ce qu’elle considère comme une « dépense », à savoir les consultations gratuites. Un exemple : en matière de santé, la zone franche exonèrerait d’impôts pour 30 ans les entreprises de santé privées.
 
La zone franche serait créée dans les provinces côtières d’Esmeraldas et de Manabí grâce à la Loi sur les Zones Franches et permettrait également de « exonérer pour 30 ans du paiement des impôts sur le revenu les nouveaux hôtels et les nouvelles stations qui s’établiraient dans tout l’Equateur. »
Lasso allègue un déficit de 8.000 chambres en clinique et dans les hôpitaux et, bien qu’il admette qu’à Guayaquil et à Quito « ils sont plus ou moins pourvus », il dit que ce n’est pas le cas dans d’autres villes.
 
Il faut noter que les hôpitaux publics de l’Equateur sont les premiers d’Amérique Latine et qu’ils bénéficient en outre d’une accréditation internationale parce qu’ils remplissent les standards de qualité.
 
Le candidat souligne que la zone franche de santé ne paierait pas d’impôts sur le revenu tant qu’elle ferait de nouveaux investissements dans de nouvelles cliniques et de nouveaux hôpitaux. Les cliniques, aux mains du secteur privé, ne paieraient pas d’impôts mais devraient offrir aux plus vulnérables 25% de ses capacités en services de santé gratuits.
 
CREO- SUMA a aussi proposé de « ré-envisager le système de santé » parce qu’il a assuré que la gratuité, qui a augmenté la demande de services, a provoqué d’importantes dépenses. Le Gouvernement de Rafael Correa a fait passer le nombre de consultations gratuites de 20,3 millions en 2007 à 42,5 millions en 2015.
 
Le président Rafael Correa a affirmé que la proposition de zones franches de santé conduit à la privatisation et à la suppression de l’impôt sur le revenu et porte préjudice aux classes populaires parce qu’elle réduit leur droit à accéder gratuitement à une consultation médicale alors qu’elle favorise les riches qui paieront pour les soins. Quant à la clinique, elle ne paierait pas d’impôts à l’Etat.
 
Correa a averti qu’éliminer tous les impôts représenterait un manque de 3.700 millions de dollars de rentrées fiscales « ce qui ferait s’effondrer tous les services publics », étant donné qu’entre 50% et 60% du budget de l’Etat viennent des impôts destinés, pour la plupart, à financer les travaux publics dans le pays.
 
Le président a expliqué que seuls les entrepreneurs suppriment les impôts sur le revenu parce que ce sont ceux qui envoient des devises à l’étranger : « cela revient à supprimer leurs impôts. »
 
« On ne sait pas d’où sort le chiffre des chambres qui manquent dans les hôpitaux donné par Lasso.
Pendant ces 10 dernières années, on a investi plus de 13 000 millions de dollars, un montant qui dépasse de plus de 6 fois le travail réalisé sous le Gouvernement du président Jamil Mahuad dans lequel Lasso occupait la charge de super-ministre de l’Economie et de l’Energie. »
 
En 2006, avant l’arrivée de Rafael Correa, l’investissement était 400 millions. En 2007 il est passé à 568 millions. En 2014 il a été de 2.408 millions. Et en 2015 de 2.517 millions.
 
Actuellement, 72.000 personnes travaillent dans le Système de Santé Publique de l’Equateur, parmi lesquelles les Techniciens de Premiers Soins de Santé (TAPS) qui sont devenus un lien entre le personnel qui donne des soins complets dans les unités de soin.
 
Pour la formation des TAPS, le Gouvernement a créé des bourses dans les Instituts Techniques du pays pour former les personnes, la famille et la communauté équatorienne. En ce moment, 1.518 font partie du Ministère de la Santé et 500 de plus seront diplômées en 2017.
Traduction de l’espagnol par Françoise Lopez pour Bolivar Infos. Relecture par Investig’Action
 
Source : TeleSur