Venezuela: “opération guarimbas”, seconde partie!

Bien entendu, dans une démocratie, les citoyens ont le droit de remettre en question des mesures avec lesquelles ils ne sont pas d’accord. Le droit à la protestation civique, pacifique, est inaliénable. Il n’en est pas ainsi de la protestation violente qui fait des victimes humaines et provoque des agressions contre la propriété publique et privée. La “guarimba” des derniers mois est un exemple de la protestation en tant qu’instrument de déstabilisation.

La lutte contre la contrebande et les perversions propres à cette activité délictueuse a obtenu déjà d’importants succès. Elle a porté un coup à sa structure, a saisi des milliers de tonnes d’aliments et de litres d’essence, ce qui justifie l’initiative du président Maduro…

Elle a aussi servi à ce que le peuple prenne conscience du danger que représente cette activité et à démasquer les facteurs politiques, économiques, patronaux qui tirent bénéfice des réseaux mafieux…

Mais peut-être le plus important est que la relations entre les éléments qui opèrent dans l’environnement binational et l’impunité qui les protège et la participation de personnes du secteur officiel est démontrée…

Même si on se doutait de cette relation, en particulier de forces de l’ordre public avec ce délit, la complicité de militaires a causé la surprise. Le nombre croissant de membres de l’armée impliqués – actuellement 15 – oblige à réfléchir sur le type d’éducation qui est donnée dans les instituts militaires. Si peut-être cette éducation n’est pas suffisamment centrée, ou élude, l’aspect éthique et moral. Pourquoi le fait que des officiers jeunes, des lieutenants, des capitaines, se voient compromis dans des pratiques de contrebande – corruption, abandon du devoir, complicité dans le transport de marchandises à travers des sentiers construits pour tromper la vigilance sur la frontière -, oblige à une enquête sévère. A une révision des aspects de base de la formation professionnelle du militaire. Cette situation contraste avec les avancées et les changements qui se sont opérés dans les FANB…

Manuel Rosales a soutenu, lors d’une réunion à Panama avec des hommes politiques vénézuéliens, qu’il était nécessaire de démasquer ces secteurs violents de l’opposition. Qu’il fallait prendre ses distances avec eux parce que les dommages causés par des actions comme la “guarimba” (terme désignant les protestations de rue de l’opposition, NdR), décrétées dans le dos de la direction de l’opposition, placée devant le fait accompli…étaient suffisants.

D’Armando Duran: “Au lieu des casseroles, la nuit de jeudi dernier, on n’a entendu qu’un silence abominable. Est-ce que ce sera ce qu’il reste de la MUD? Le silence et rien de plus? c’est à dire, rien? (2)…

La “crise” de Maduro: Des attentes difficiles à satisfaire se sont créées. Mais il s’agit d’une tentative sérieuse et audacieuse pour faire face à la situation actuelle et déblayer le chemin. Le sujet est complexe et je l’aborderai dans de prochaines colonnes. Pour l’instant, il faut réfléchir et demander des avis. Il faut sortir du cadre des dogmes et ouvrir le débat.

{{Un labyrinthe}}

1. Cela donne l’impression qu’une fois de plus, des secteurs de l’opposition marchent en sens contraire au sentiment de la collectivité nationale et de l’attention que l’on doit aux problèmes du pays. Ceux qui se sont engagés dans l’aventure des “guarimbas” de février ce dette année, qui se sont prolongées pendant trois mois, semant l’angoisse chez les Vénézuéliens et faisant un nombre impressionnant de morts, de blessés et de dégâts matériels, se préparent à récidiver. Certainement ils le nieront, comme ils l’ont déjà fait lors des événements antérieurs sir lesquels il y a eu des dénonciations fondées qui, finalement, se sont vérifiées.

2. Ce qui est sûr, c’est que les préparatifs de la dernière “guarimba” ont été dénoncés au bon moment. Non seulement parce que les organismes de renseignement de l’Etat les ont détectés et ont engagé des poursuites mais parce que les participants se sont chargés de divulguer leurs intentions. Aujourd’hui, la situation se ressemble. Le langage employé et les actions réalisées dans différents endroits du pays ont la même coupe depuis quelques mois. Si la motivation d’alors de l’opposition – ou mieux, de sa direction – fut la dénonciation d’une fraude aux élections que Maduro a gagnées et de protester à cause de la soi-disant répression officielle, maintenant, on brandit comme cause la lutte contre certaines mesures pour poursuivre la contrebande, comme la fermeture des frontières et l’adoption du système biométrique. Bien entendu, dans une démocratie, les citoyens ont le droit de remettre en question des mesures avec lesquelles ils ne sont pas d’accord. Le droit à la protestation civique, pacifique, est inaliénable? Il n’en est pas ainsi de la protestation violente qui fait des victimes humaines et provoque des agressions contre la propriété publique et privée. La “guarimba” des derniers mois est un exemple de la protestation en tant qu’instrument de déstabilisation.

3. Est-ce cela que prétend répéter l’opposition violents qui à tout moment réitère son intention de faire sortir Maduro de Miraflores par n’importe quel moyen? Peut-être s’agit-il d’une critique sérieuse, exercée dans le cadre du débat démocratique, des mesures anti-contrebandes annoncées par le Gouvernement? Evidemment non. La base de la protestation est un message subversif pour provoquer la rupture de l’ordre constitutionnel et un changement de gouvernement par des voies détournées. Il faut préciser à cause du manque de soutien militaire pour faire un coup d’Etat et du manque de peuple pour déchaîner une insurrection dans les rues, ce secteur n’a pas d’autre solution que d’en appeler au schéma de la “guarimba” qui a échoué. Dans son désespoir à cause des défaites qu’il expérimente, il prétend répéter l’expérience ratée pour voir ce qui arrive. Pour cela, il exagère le mal-être du peuple à cause de la situation économique et on a l’illusion de sa répercussion dans les casernes.

Comme toujours, le désespoir est mauvais conseiller. Si le résultat de l’épisode raté de ces derniers mois – guarimba I – fut la division et le rejet populaire, que lui réserve la nouvelle tentative téméraire – guarimba II – s’il l’ose?

{{L’autre menace}}

Dans la situation actuelle du pays, la menace extérieure n’est pas la seule qui compte. Ce que cuisinent des pays engagés dans la collaboration pour la liquidation du processus bolivarien. Egalement l’attitude d’une opposition qui ne se comporte pas de façon démocratique. qui, au contraire, joue en permanence la carte de la déstabilisation. Qui parie effrontément sur le coup d’Etat. Sur la liquidation de l’ institutionalité. Mais il y a une autre menace, si on veut plus mortelle. Celle qui s’introduit à travers les glissements du gouvernement et aussi du PSUV. Une menace aux caractéristiques d’un virus qui avance dangereusement. Je m’explique: ce que j’écris n’a rien à voir avec les mauvaises campagnes de facteurs hostiles à la révolution. Moralement disqualifiés pour leur conduite passée en matière de corruption, de droits de l’homme, d’efficacité administrative. Je prends mes distances avec ces secteurs politiques, économiques, patronaux parce que le mien est différent. Je ne prétends pas éroder le Gouvernement ou le parti. La majorité des gouvernants actuels et des dirigeants du parti est constituée d’honnêtes gens. Par des combattants de toujours, loyaux aux principes.

Je fais allusion aux infiltrés. Aux trafiquants qui bougent audacieusement pour escalader des positions. Ceux qui ne s’intéressent à la politique que pour s’enrichir. En réalité, la corruption n’a pas aujourd’hui l’ampleur qu’on lui attribue mais elle existe. La violation des droits de l’homme, un thème rendu puissant par des médias sans scrupules, ne ressemble pas à celle de la IV° République, mais il existe des cas. L’efficacité administrative présente des réussites importantes mais les failles sont visibles. En tout cas, pour nous qui prétendons faire une critique sérieuse pour corriger les injustices et résoudre les problèmes et non pour faire tomber le gouvernement, il est important que ceux-ci, et la direction du PSUV aient une attitude positive face aux plaintes, qu’ils réagissent avec force face à ceux qui cherchent à transformer en charge pestilentielle le processus propre que Chavez a mis en marche. Au contraire, la stabilité institutionnelle sera en danger, plus qu’à cause de la menace provenant des ennemis historiques, à cause des chevaux de Troie.

Notes:

1. “La protestation des casseroles de la MUD”, article publié dans el Nacional lundi 1/9/14

Source: Resumen Latinoamericano y del Tercer Mundo 9 septembre 2014

Traduction:Françoise Lopez (http://cubasifranceprovence.over-blog.com)