Le plurilinguisme, nouvelle doctrine de domination?

L’important n’est pas de convaincre mais de pousser à la réflexion. Le véritable ennemi n’est ni le genre, ni la langue, ni la religion, ni la couleur : c’est l’exploitation. Le plurilinguisme, la nouvelle doctrine des dominations pour l’Europe, ou comment le respect pour la diversité linguistique détourne nos progressistes des questions essentielles sur l’exploitation.

« {Le monolinguisme sera-t-il l’illettrisme du XXIe siècle ?} »
Claire Goyer
Présidente DLF Bruxelles-Europe
Correspondante de ACFOI à Bruxelles.

« En 1990, A. TASHDJIAN a écrit « {En l’an deux mille, le monolinguisme des jeunes pourra être comparé à une forme d’illettrisme. Il est déjà un handicap. Ceux qui gagneront leur place au soleil seront au moins bilingues d’expression et multilingues de compréhension. Si la communauté toute entière ne fait pas sienne ce projet, les plus avisés, et, bien entendu, les plus nantis, pérenniseront les clivages sociaux} ».[1] Voilà qui a le mérite de poser les bases du défi qui attend les jeunes et les responsables du monde de l’éducation. » Le mythe du bilinguisme, analyse UFAPEC 2011, par D Moret.

Imposée à Bruxelles et pour notre enseignement un décret bilinguisme est une fausse bonne idée ?

Ce qui ne devait être qu’un outil de communication peut devenir le plus grand outil de stigmatisation, de discrimination et de ségrégation de l’apprenant à Bruxelles. Prendre le bi ou le plurilinguisme comme revendication et comme levier central pour l’éducation peut devenir le marqueur social des bons et des mauvais Bruxellois c’est-à-dire ceux qui s’adaptent aux objectifs patronaux et ceux qui ne le font pas.

Pourquoi subitement tant de mépris et de discriminations sur les personnes monolingues ? Aujourd’hui, le fait d’être monolingue est de plus en plus considéré comme une honte, pire comme de l’illettrisme voir comme un trouble et pourquoi pas demain comme une maladie qu’il faudra très rapidement médicaliser. L’Europe et sa Commission ont parlé et légiféré pour imposer leur vision du monde et surtout leur modèle de marché, le plurilinguisme, la nouvelle idéologie dominante à la mode chez nos représentants européens. Le citoyen européen sera plurilingue ou ne sera pas européen.

Tous les partis en face avec les recommandations de l’union économique européenne fond un lobbying acharné auprès de leur gouvernement pour installer cette nouvelles doxa linguistique.

Exemple, le « PP » en Belgique, le parti de droite ultra-libérale : « {Nous souhaiterions également insister sur l’importance de l’apprentissage des langues : notre langue maternelle tout d’abord. Il n’est plus un texte, plus un curriculum vitae, plus une copie d’élève qui ne soient truffés de fautes d’orthographe. La langue est une structure de la pensée, un code qui s’applique de façon uniforme, un marqueur de compétence. Certains voient dans la langue un instrument lui-même incongru qu’il faudrait déstructurer. Il n’en est pas question pour nous. Le français doit être réappris, notamment en instillant le goût de la lecture des grandes œuvres du patrimoine culturel francophone.
Mais il est aussi un problème fondamental de connaissance des autres langues. Cela fait quelques décennies que l’on nous promet des élèves bilingues à la sortie de leurs secondaires. Madame Onkelinx ambitionnait un bilinguisme généralisé à l’horizon 2001. Sans méthode et sans moyens pour y arriver, ce fut l’échec le plus total. A la sortie de leur cursus, une grande majorité des élèves demeurent unilingues et ne font que balbutier quelques bribes de néerlandais et d’anglais. Ce n’est pas avec deux ou quatre heures de cours par semaine que l’on parviendra à remédier aux problèmes. La connaissance d’une autre langue est le meilleur moyen de décrocher un emploi. Pourtant, vous semblez n’y prêter qu’une attention modérée. N’est-il pas temps de songer sérieusement à enseigner, par exemple, des cours d’histoire ou de géographie dans une autre langue que le français ?} » L’INTERVENTION D’ANDRÉ-PIERRE PUGET DEVANT LE PARLEMENT DE LA FÉDÉRATION WALLONIE-BRUXELLES
Belgique, le 26 juillet 2014, Le peuple

L’Europe veut construire son identité européenne de la même façon qu’elle construit son identité économique: « la liberté et la diversité dans un cadre capitaliste ». La langue aussi peut être un atout pour la compétition et le commerce voir pour la dérégulation et le dumping social. Au final le citoyen et l’apprenant sont sommés de s’adapter.

« Le respect de la diversité des langues»: conséquences sur le dysfonctionnements de l’Union européenne, nous rejoignons Calvet(2002) qui démonte la grande machine européenne à fabriquer du «politico linguistiquement correct»(PLC)à travers les discours et divers dispositifs de la Commission européenne.

« {Au milieu de la première décennie des années 2000, un changement de perspective s’opère dans l’utilisation du CECR, les objectifs d’enseignement des langues sont à l’initiative du conseil de l’Europe subordonnés a des visées plus larges celles de l’éducation plurilingue et interculturelle. Plus qu’un changement d’appellation, il s’agit en fait d’un changement très profond de finalité. Avec l’éducation plurilingue et interculturelle, il ne s’agit plus en réalité d’enseigner les langues, mais de construire de toutes pièces l’identité du future citoyen européen .Les langues sont instrumentalisées au profit d’un projet politique} » Enseignement des langues et construction européenne « Bruno Maurer p 1

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« {En d’autres termes, la question linguistique de l’Union est devenue ingérable, une véritable «patate chaude}» dira Calvet (2002, p44), qui conclut que «{ce respect de la diversité est un jeu à somme nulle dans lequel les gains et les pertes s’annulent}» (p.46).Pourquoi? Parce que la promotion d’une langue se fait toujours au détriment des autres. Pire encore, on est dans le processus de fabrication de langues-légitimes et d’autres non- légitimes et des «cultures» qui leur sont liées, engendrant des processus politiques de (re)légitimation? délégitimassions et donc d’exclusion? inclusion–de plus en plus incontrôlables. »

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Pourquoi l’Europe s’intéresse-t-elle tellement à l’enseignement des langues ?
Voici un début de réponse : La question de la langue est, nous le savons, bien plus qu’une question de langue. Faut-il rappeler comment la « langue légitime » mise en évidence par Pierre Bourdieu, s’instaure comme un moyen de cliver et de hiérarchiser la société entre dominants et dominés [1]. Mais bien avant lui Antonio Gramsci a compris comment la « question de la langue » se trouve au cœur de toute construction politique :

« {Chaque fois qu’affleure d’une façon ou d’une autre, la question de la langue, cela signifie qu’une série d’autres problèmes est en train de se poser : la formation et l’élargissement de la classe dirigeante, la nécessité d’établir des rapports plus intimes et plus sûrs entre les groupes dirigeants et la masse populaire nationale, c’est-à-dire de réorganiser l’hégémonie culturelle.} »
[2]Problèmes de civilisation et de culture, A- Gramsci, Des extraits des cahiers de prison de l’un des principaux fondateurs du communisme italien.

Pourquoi cette subite montée d’adrénaline sur la question linguistique en Europe depuis 1997? « Politique linguistique pour une Europe multilingue et multiculturelle 1997 – 2002 » Pourquoi les monolingues sont-ils considérés comme les cancres d’Europe ? Les politiques européennes proprement dites organisent la concurrences entre les travailleurs européens quelque soit la branche, le secteur et créent ouvertement la possibilité de conflit entre travailleurs. Le plurilinguisme instrumentalisé par les politiques du conseil de l’Europe participe à cette manœuvre de confrontation totale. Tout est mis en œuvre pour stimuler la croissance et la compétitivité, la capacité d’adaptation, la flexibilité, le portefeuille de compétences générales y compris le portefeuille linguistique sont l’arme de la future croissance dans l’Union du commerce. Le citoyen européen doit avoir un maximum de ressources pour affronter le marché et la compétition globale. En nous proposant une ouverture théorique sur l’altérité, concrètement le conseil de l’Europe nous offre une compétition la plus ouverte, la plus large, la plus diverse, la plus mobile en deux mots la plus féroce possible. L’objectif est d’utiliser tout le potentiel de compétences, d’adaptation et de flexibilité dont dispose le citoyen européen afin de les mettre au service du marché. Tout bénéfice pour les entreprises et la compétition. Rien ne doit venir perturber, pas même la langue, l’incontournable croissance.

Loin de promouvoir l’altérité, la façon de procéder de l’Union est à l’image de sa politique économique, elle engendre tout le contraire c’est à dire un déficit démocratique, une compétition et une guerre totale de chacun contre tous .Sa politique linguistique ne prendra pas une autre direction et sera également mis au service de la compétitivité et de la marchandisation à tous les échelons. Le plurilinguisme de l’Union se traduira inévitablement par une dérégulation des acquis sociaux et un dumping social généralisé. Comme toutes les autres réformes engagées par l’Union économique européenne. Le but inavoué c’est d’avoir un maximum de personne avec un maximum de ressources et de compétences multiples à disposition. Et de placer toute cette main d’œuvre bien préparée dans des conditions permanente de compétitivité, c’est à dire de mobilité et de flexibilité permanentes, ce qui permettra de faire pression sur les salaires et tout le bénéfice reviendra au patronat. Exemple pour la Belgique quand les Wallons seront suffisamment bien préparés linguistiquement, cela n’aura pas couté un euro au patronat flamand, le Voka. Cette main d’œuvre venue du sud du pays sera du pain bénit pour organiser au nord le dumping social.

Voici le fond de leur pensée patronale au nord du pays « {Dans une note détaillant leur stratégie pour une capitale plus flamande, les patrons flamands plaident également pour le transfert d’une série de compétences aujourd’hui communales vers la Région bruxelloise et s’opposent à l’idée de Bruxelles comme Région à part entière}”, rapporte le quotidien Le Soir.

“{Selon le Voka, une vraie Région bruxelloise réduirait l’influence des Communautés et du fédéral à Bruxelles, notamment dans leur rôle de promotion du statut de capitale.} » sudinfo.be

Les Portugais de Belgique que représentent les Wallons ne sont utilisés par le patronat flamand que dans le but de la déréglementation des acquis sociaux et le dumping social au nord du Pays. Barte De Wever le chef de file des nationalistes flamands, n’a-t-il pas dit que ses véritables patrons sont la VOKA les patrons flamands?

Voici comment procède l’union en matière de réforme de déréglementation et de dumping social. « {7.1.2 Portée et effet de la clause de libre prestation de services: L’article 16 exige que les états membres s’abstiennent d’imposer leurs propres exigences aux prestataires d’autres états membres. En conséquence, les prestataires sauront qu’ils ne seront pas soumis à la législation de l’Etat membre ou le service est fourni.} »
Cela donne le résultat suivant – « 35 travailleurs lettons (Lettonie) d’une entreprise lettone construisant une école en Suède avec des salaires lettons 40% moins chers que ceux de la convention collective suédoise : La cour a préféré le dumping social au nom de « la libre prestation de service » plutôt que d’imposer le droit du travail suédois (arrêt laval, 18 décembre 2007) .

– « 53 maçons polonais détachés d’une entreprise sous-traitante travaillant en Allemagne sur un chantier de construction publique sont payés au salaire Polonais c’est-à-dire 46 % du salaire minimum Allemand: la cour a jugé que payer des salaires conformes aux conventions collectives constitue un obstacle à l’accès au marché pour les sociétés d’autres Etats membres (Arrêt Ruffert ,3 avril 2008).

Voici quelques exemples qui tendent à se généraliser à grande vitesse dans l’union du commerce. Ni éthique, ni morale, ni altérité ne guident les bonne intentions de nos représentants européens. Seules les bonnes vielles lois du marché restent pour approfondir et élargir ce dumping social. Les langues sont un frein comme le précise l’union elle-même : plurilinguisme et économie .

– « {L’étude ELAN[1], effectuée en 2006 pour le compte de la Commission européenne au sein d’entreprises de 29 pays européens, confirme cette tendance. D’après cette étude, la connaissance de l’anglais est certes quasi indispensable mais d’un autre côté ne représente que 29 % de la totalité des futurs besoins en connaissances de langues étrangères.[2] Le plurilinguisme est – c’est la conclusion de cette étude – indispensable, car une communication adaptée au « marché cible » dans un marché global est capable de recréer les avantages concurrentiels qui sont, du côté du produit, nivelés par les mesures croissantes de standardisation. Dans cet esprit, on devrait interpréter le résultat de l’étude ELAN – selon lequel ce sont actuellement, d’après un calcul prudent, « au moins 945 000 PME européennes auxquelles échappent des commandes à cause du manque de compétences linguistiques »[3] – simplement comme un défi de faire de l’orientation vers le plurilinguisme un des piliers de la politique de l’entreprise}. »

– Sachant que le tertiaire, le secteur des services, est le secteur qui progresse le plus dans l’économie européenne, c’est également celui où la mobilité, l’adaptation des compétences multiples y compris linguistiques doit être la plus flexible et la plus large possible. Il est tout à fait normal que l’union s’intéresse à ce secteur commercial qui représente une grosse part du gâteau commerciale « {Le poids du tertiaire dans l’économie s’est considérablement accru. Il représente 71 % du PNB et regroupe 72,3 % des actifs (en 2004). Il participe à hauteur de 10 % aux exportations (2003), ce qui place la France au deuxième rang mondial. En 25 ans, il a créé plus de 5 millions d’emplois. Le phénomène s’est ralenti, mais c’est le seul secteur en croissance (+ 2 % par an dans la période 2001-2003), alors que les deux autres en perdent.} »

– L’union valorise les langues comme outil commercial, rien de plus. Le bilinguisme ou le plurilinguisme comme valeur marchande, maîtres à la disposition du marché du personnel avec un répertoire linguistique le plus large possible est un atout compétitif par rapport au concurrent. Le plurilinguisme est utilisé par l’union comme enjeu de la productivité économique, elle est également un atout pour la déréglementation et le dumping social .Pour les partis réformistes, c’est également un outil de distraction sur les vrais problèmes vis à vis des questions essentielles posées par l’Union à savoir un déficit démocratique patent et une pratique néolibérale plus ou moins masquée mais très réelle. Cette instrumentalisation par l’union des langues comme valeur identitaire mais surtout comme valeur marchande s’inscrit dans une patiente élaboration des langues comme marqueur de différentiation et de dérégulation .En bref le plurilinguisme est un projet politique mais surtout économique pour Monica Heller:

« {Alors que de nouvelles instances (para/supra)-étatiques émergent en tant que productrices de discours sur le plurilinguisme, nous assistons de manière concomitante et souvent interdépendante, à une place grandissante occupée dans l’économie privée à la promotion de la diversité. Ancrée dans une logique marchande, ces discours – et les pratiques reliées à ces discours – tendent à construire les langues comme instruments de la productivité économique} (Heller & Boutet 2006). {Or, si les langues font vendre, si les langues rapportent, que rapportent-elles et à qui rapportent-elles ? Dans un second temps, le plurilinguisme est immédiatement associé à la performance individuelle dans la recherche d’un emploi. En temps de crise, cette valorisation se construit donc comme le corollaire de la flexibilité : les grandes multinationales mettent en évidence l’importance de la diversité linguistique comme facteur de croissance. Dans un troisième temps, le plurilinguisme est appréhendé comme une donnée purement économique. Plus malléable, plus flexible, le capital linguistique des locuteurs est ainsi devenu un facteur de rentabilité économique réel, et parallèlement un produit attractif pour les consommateurs de culture, dans le cadre du tourisme culturel ou les cours de langues « exotiques » par exemple. D’un côté, les plus démunis sont contraints de livrer pour presque rien toutes leurs compétences dans des conditions de travail précaires, de l’autre, les consommateurs nantis achètent de la culture et de la langue pour se divertir. Capital social au service de l’entreprise ou capital économique directement rentable pour le développement économique, la langue ainsi marchandisée n’a plus rien à voir avec ce qui constitue l’activité de langage des êtres humains.} »

Qu’est-ce que le citoyen ou la classe ouvrière a à gagner dans cette confrontation de tous contre-tous ou dans cette nouvelle doxa linguistique de l’union ?

A priori nous ne sommes pas contre que le citoyen possède la formation la plus large possible y compris linguistique. Ce serait même une bonne chose. Là où ça se complique, c’est l’obtention de cette formation dans un contexte de compétition avec comme seul horizon la confrontation. Quand cette compétence n’est pas au service de l’homme mais au service de sa destruction ,alors il est impératif de se poser des questions sur le cadre de cette formation: pour qui et pour quoi faire, dans quel but et pourquoi se retourne-t-elle contre les personnes qu’elle est censée servir? Le progrès n’est pas forcément du progrès quand il est destructeur.

Demander à la classe ouvrière plus de compétences, plus de compétitivité, plus d’efficience, plus d’adaptation, plus de flexibilité et plus de productivités n’est jamais une bonne nouvelle pour la classe ouvrière. C’est la classe ouvrière qui doit prouver qu’elle peut développer des compétences supplémentaires pour mériter un emploi .Cette revendication dans un contexte néolibéral a comme seul horizon le contrôle et la soumission d’une population qui doit être plus éduquée, plus flexible, plus productive et faire preuve d’adaptation pour contribuer à la richesse des entreprises. En définitif, ce qui se cache implicitement derrière cette nouvelle doxa linguistique c’est d’externaliser les conflits et de les imputer à la classe ouvrière. Le problème des difficultés et des disparités économiques ce n’est pas le système qui en est l’origine, mais les personnes qui doivent montrer leurs bonnes dispositions concurrentielles et d’adaptation permanente en développant toujours de nouvelles compétences, au gré des fluctuations et des besoins du marché.

Considérer cette nouvelle compétence dans le cadre néolibéral comme un progrès est le contraire de la vérité. Dans un cadre capitaliste, cette revendication cache implicitement et insidieusement tout un arsenal de mécanisme, pour éduquer et contrôler les populations en les obligeant pour leur bien d’accepter de nouvelles conditions de domination. Il faut tenir compte du modèle néolibéral dans lequel cette nouvelle compétence est imposée. Elle n’aura aucune possibilité d’agir autrement qu’à travers le modèle dominant, les idéologies méritocratiques et hiérarchisant des classes dominantes.

C’est à dire d’augmenter la compétitivité et la confrontation entre individus dont l’objectif inavoué de la compétence est l’obligation pour les personnes d’avoir un maximum de ressources pour se positionner le mieux possible face au besoin et aux demandes du marché. C’est en définitif une bataille à mort qu’on nous impose.

Elles sont un leurre et un miroir aux alouettes pour le chantage au plein emploi. Il n’y aura pas plus d’emploi crée par le bilinguisme mais plus de discrimination à l’emploi, plus de déclassement, plus de pression sur les salaires, plus de compétition. L’assiette de l’emploi ne va pas s’agrandir brusquement en Belgique, cela ne dépend pas de la langue mais de la conjoncture économique nationale et internationale. Est-ce que parler mieux et plus de langues réglera le problème de l’emploi? Non, par contre dans un cadre néolibéral cette revendication augmentera les déclassements, la compétition et la compression des salaires. Tout bénéfice pour le patronat. Aller dans le sens des revendications patronales, c’est mettre en place les modalités d’application de leurs revendications. Cette imposition ne va pas dans le sens des revendications réelles de classe sur les nouvelles conditions du monde du travail.

Tout le contraire, le regard est exclusivement porté sur les capacités productives, compétitives et de position concurrentielle des ressources humaines, c’est à dire des ouvriers et pas du tout sur les revendications et préoccupations de la classe ouvrière dans les entreprises. Moins de flexibilité, moins de stress, moins de productivité, les méthodes inhumaines d’évaluation moins de contraintes, moins de surmenage, les sous-effectifs, la pénibilité, etc.

A travers cette revendication, on prétend se préoccuper des problèmes que rencontre la classe ouvrière pour l’obtention d’un emploi, c’est un petit peu comme l’arbre qui cache la forêt on sait parfaitement que cette revendication sur le fond ne réglera rien pour la classe ouvrière. Sauf pour quelques cas individuels qui pourront mieux se positionner face à l’emploi en période de crise.

Concrètement cette revendication est un leurre à l’emploi. Exemple en Espagne, la jeunesse n’a jamais été aussi bien formée et ne trouve pas d’emploi. Une compétition individuelle acharnée entre ces jeunes bien formés pour l’emploi est aujourd’hui la seule préoccupation de ces jeunes. Et c’est également la seule marche de manœuvre qui leur soit proposée par leurs représentants politiques. Augmentez à l’infini votre portefeuille de compétences, y compris linguistiques, vous aurez peut-être une chance dans votre parcours à l’embauche.

On a demandé un taux de formation incroyable à tous ces jeunes ce qui s’est avéré être un piège, un mensonge et un leurre. Ce phénomène se passe pratiquement dans toute l’Europe. Le problème est mis sur le dos du manque d’adaptation et d’une inadéquation des ouvriers par rapport aux besoins du marché et des entreprises. A la fin, quoi qu’on fasse, il faudra toujours en faire plus et être toujours plus productif.

La réflexion progressiste s’est exclusivement centrée sur le taux de qualification de la classe ouvrière pour les besoins des entreprises, c’est à dire centrée sur les besoins du patronat et jamais sur les besoins et les droits de la classe ouvrière.

Le droit au travail ne veut pas dire le droit à être esclave de son travail, ni à devoir accepter toutes les exigences du patronat. Il nous semblait que les partis progressistes avaient beaucoup mieux à faire que de défendre les intérêts du patronat ou d’une frange élitiste de l’aristocratie ouvrière . Ce qui se définira dans les faits concrètement par une très petite minorité se faisant une compétition incroyable à qui on permettra un emploi.

En définitif, un progressisme élitiste réservé à quelques personnes repêchées par le système comme dans tous les pays en crise en Europe. Exemple, on a demandé au fermier de s’adapter à la nouvelle recommandation de l’union économique européenne, résultat des courses un secteur décimé et en voie de disparition, les recommandations de l’union vont toujours dans le sens contraire de l’intérêt de la classe ouvrière.

Dans les faits, une grande mise en scène pour pas grand-chose, on peut craindre beaucoup d’amertume et de haine si tout ceci ne fonctionne pas.
Que peut-on attendre de cette politique linguistique sur le plan éducatif ?

{{{La question du bilinguisme dans l’enseignement}}}

On nous annonce que cette réforme n’aura aucune incidence négative sur les apprenants mais le contraire. Nous ne pensons pas exactement pareille, toutes nouvelles réformes dans le système éducatif néolibéral ont des conséquences directe sur les apprenants. Dans le cadre actuelle d’une école néolibérale déjà antidémocratique une compétence linguistique imposée de plus sera un outil de discrimination complémentaire. La production linguistique écrite sera utilisée comme outil de contrôle politique de régulation par le résultat. Il nous faudra dorénavant une compétence de plus pour être dans les normes et employable.

Dans les conditions actuelles de l’école, cette revendication est contre-productive pour l’apprenant, c’est un appel a toujours plus d’adaptation, d’efficience, de productivité, d’efficacité et de flexibilité, ce marqueur sociale de plus vas générer beaucoup de stress et d’angoisse.

{{{Le bilinguisme dans l’éducation comme outil idéologique pour imposer la norme du dominant et la collaboration de classe}}}

La question du bilinguisme cher à nos patrons et nos hommes politiques pour maintenir la crispation, la confrontation et la compétitivité dans le pays est une mauvaise réponse quand elle est revendiquée par la gauche au problème d’émancipation de nos jeunes à Bruxelles.

Les conditions ne sont pas réunies pour cette revendication et on prend le problème à l’ envers, Dan les conditions néolibérales actuelles, cet appel est contre-productif. C’est un appel à la population à encore plus d’adaptation, de flexibilité, de compétitivité et d’efficience dans la seul culture qui nous soit aujourd’hui possible, la culture du rendement et de la performance. Le dérapage commence lorsque la performance et le rendement perd son statut d’indicateur pour devenir l’objectif, ou lorsque l’obsession de la performance de la compétence et du rendement à tout prix engendre violence, marginalisation, manipulation, chantage affectif ou dressage.

Dans le model éducatif actuel, cette compétences qui existe déjà dans toutes les écoles francophones, 12 années du fondamentale au secondaire, va prendre une valeur et une importance politique et une place particulière. Dans un futur proche, il faudra relever arbitrairement le niveau de cette nouvelle compétence imposée par les idéologies des classes dominantes. Devra se mettre en place une police de la langue, avec toutes une batterie de tests et de contrôles.

C’est a dire un baromètre par classes et par écoles des acquis, des aptitudes et des attitudes du niveau de connaissance de la compétence, suivi d’évaluations sanctionnantes et certificatives. Avec comme obligation un niveau d’exigence bien supérieur à celui qui jusqu’à aujourd’hui était demandé pour cette compétence linguistique qui est devenue le cheval de bataille de la moitié de la classe politique au nord.

Exemple:« {A Bruxelles, 55% des places dans les écoles flamandes sont réservées aux enfants dont au moins un des parents maîtrise suffisamment le néerlandais. Les parents qui ne disposent pas d’un diplôme de l’enseignement néerlandophone devaient jusqu’à présent produire une attestation délivrée par la Huis van het Nederlands prouvant leur connaissance suffisante du néerlandais.
Jusqu’ici, il fallait pour ce faire disposer au moins d’un niveau B1, garant d’une capacité limitée à s’exprimer de manière autonome en néerlandais. Demain, les parents concernés devront jouir d’une attestation de niveau B2, plus élevé, a confirmé le cabinet du ministre de l’Enseignement, Pascal Smet (sp.a)}. »le VIF22/04/2014

L’appui d’une nouvelle cohorte d’inspecteurs pour vérifier tous cela , est déjà mis en place.

Exemple « {Le parlement flamand a voté mercredi un décret confiant la compétence de l’inspection pédagogique pour les écoles francophones de la périphérie bruxelloise à la Communauté flamande. Les inspecteurs flamands contrôleront donc le travail d’enseignants qui suivent, eux, le programme de la Communauté française} ». Bref tout l’arsenal classique des discriminations sur l’apprenant va pouvoir se développer dans le cadre scolaire avec plus d’acuité puisque la compétence demandée a une valeur politique de contrôle de cadrage et de dressage idéologique.

Le hochet qu’on brandira en permanence à la face de l’apprenant sera la valeur marchande de la compétence. Hors de ce cadre méritocratique, c’est à dire, tris, sélection, relégation, redoublement la constante macabre qui est la pierre angulaire de notre enseignement. Point de salut, aucune autre perspective ni option ne pourra être envisagé dans notre modèle éducatif pour cette compétence devenu brusquement prioritaire.

Aucune possibilité dans les faits pour cette compétence dans une école néolibérale qui fonctionne par le mérite et la hiérarchie. La langue supplémentaire sera considérée comme une compétence supplémentaire avec l’énorme désavantage qu’est la pression qui elle sera plus forte sur cette compétence linguistique vue les pressions politiques. Au final il y aura beaucoup de drame et d’exclusion en perspective.

Cette compétence supplémentaire ne règlera en aucun cas les discriminations scolaires, ni a l’emploi ce ne sera qu’un outil de sélection de plus. En Flandre, la séparation précoce par filière avec réorientation comme mécanisme précoce de séparation sont 4 fois plus nombreuses en communauté flamande. De plus les élèves défavorisés dans les filières professionnelles de relégation à Bruxelles et une grosse majorité des élèves inscrite dans les écoles néerlandophones sont dans des filières de relégation sans réelle perspective d’emploi parce que ne maîtrisant pas suffisamment la langue de Vondel. Les allochtones auront toujours une longueur de retard. Le décrochage s’intensifie particulièrement dans les classes dont l’indice socio-économique est bas et les écarts de performance ne changeront pas pour ces populations, à terme il risque même de s’aggraver . Le facteur de discrimination scolaire le plus puissant est l’origine sociale. Les capacités de maîtrise d’une langue ne font que renforcer la discrimination, toutes les études et analyses le confirment.

Cette compétence imposée est insidieuse et va provoquer encore plus de discrimination, la sélection le tri, la relégation se fait déjà sur les capacités de maîtrise d’une langue dans ce cas la hiérarchisation se fera sur le taux de capacité et de maîtrise de deux langues. Puisque les dispositifs de contrôle et d’évaluation sont sanctionnant. Les fautes d’orthographes sont mortelles dans les épreuves jusqu’au baccalauréat c’est un filtre discriminant puissant pour l’accès au collège quel que soit les écoles, bilingues ou non.

De plus cette revendication pollue la réflexion sur les vrais débats de fond de notre société, la seule chose qui nous soit actuellement possible dans le cadre de la réflexion sur le bilinguisme c’est de discuter des modalités techniques de la mise en application du bilinguisme. Comment faut-il l’imposer par décret de façon dure ,de façon diffuse, de façon molle? Dans quelques écoles, dans toutes les écoles, par quota, par la mixité sociale allochtone, autochtone? A quel rythme, par branche, en immersion totale ou limité, avec quel programme EMILE, etc.?

Le débat de fond est totalement occulté, pourquoi et pour qui, quel est le sens de cette imposition? Quelles sont les valeurs qu’elle véhicule, serons-nous moins dominés, moins exploités grâce a cette revendication ? Vont- elles dans le sens des besoins du prolétariat ou celui du patronat? Est-elle un outil supplémentaire pour la collaboration de classes et pour apaiser la société de classes, en définitif un outil supplémentaire pour le patronat pour mettre au pas les récalcitrants ?

{{{Le bien-être et la santé dans l’éducation sont toujours exclus du débat}}}

On nous dit que le plurilinguisme n’aura aucun incident sur la santé des apprenants, sur ce point nous sommes également en désaccord.

On va nous dire que tout cela est tout à fait possible, que le cerveau de l’enfant est capable d’assimiler une foule de choses. On va nous expliquer la plasticité du cerveau de l’enfant, que ses capacités sont largement sous-exploitées ,que ses capacités d’adaptation sont incommensurable comme on l’a imposé avec la taylorisation, le toyotisme, le fordisme pour augmenter la productivité de l’ouvrier.

On peut parfaitement faire la même chose avec le cerveau de l’enfant. On connait les conséquences de ce développement dans l’industrie: plus de productivité ,plus de flexibilité, plus d’efficience = 360 000.000 personnes dépressives selon l’OCDE dans l’industrie en Occident.

Et aujourd’hui ,on commence à entrevoir les mêmes causes qui engendrent les mêmes effets dans nos écoles :plus de productivité, plus d’efficiences, plus de compétitivité = des suicides en constante augmentation chez nos jeunes, une pandémie de stress, des millions d’enfants sous Rilatine.

On occulte toujours dans l’explication de nous dire dans quelle condition et comment on va imposer cette nouvelle compétence à savoir les idéologies dominantes sont les idéologies des classes dominantes. Dans une société et dans une école néolibérale la langue sera utilisée pour discriminer comme outil de hiérarchisation, de confrontation, de tri, de sélection rien de plus. Le burn-out est le trouble qui est de plus en plus diagnostiqué chez les élèves de 15 à 20 ans.

Selon le professeur de psychologie à la Haute Ecole pédagogique de Lausanne, Pierre-André Doudin Les causes du burn-out sont principalement le niveau ¬d’exigence des parents et de l’école,
« Vendredi 09 septembre 2011,Julie Conti le Temps »

En d’autres termes, la seule chose qui est prise en compte aujourd’hui dans les évaluations scolaires, et cela même chez les progressistes, est la question de la productivité, de la rentabilité des élèves, de leur niveau et de la médiocrité de ce niveau qu’il faut sans cesse relever. Jamais la santé et le bien-être des enfants n’entrent en considération.

In fine, dans le modèle scolaire actuel, ce qui empêche la production, ce n’est pas la surcharge de travail mais l’individu lui-même. Il peut produire toujours plus, si l’on parvient à le formater de façon précoce et féroce, en l’obligeant insidieusement à s’adapter en permanence, « pour son bien », quitte à détruire sa santé.

Cette revendication qui paraît de bon sens commun n’est pas de nature à changer quoi que ce soit dans les rapports de classe voir de » race » ,la langue a toujours été un vecteur de discrimination massive .C’est à dire sans réels poids pour les revendications de la classe ouvrière par contre elle va augmenter le stress, la tension et la confrontation puisque les exigences pour cette compétence vont à chaque fois monter d’un cran comme c’est déjà le cas .
L’altérité comme moyen de pression politique et idéologique : comment comprendre son voisin ?

En forme de boutade de quel voisin s’agit-il du wallon, du gantois, du malinois, du bruxellois, du romand, du germain, du gallois, du breton, de l’occitan ,du catalan et on peut subdiviser en autant de clochesr qu’on le désire, devons-nous nous sentir proche de quel patrimoine linguistique ou plutôt qui gagnera le rapport de force, comme en Suisse où on veut imposer un patois comme langue nationale ?

Le droit du sol est plus une régression qu’un progrès: c’est un repli différentialiste sur sa nation, sa région, son territoire. On tient compte de ce qui nous distingue pas, de ce qui nous unit et demain combien de langues faudra-il connaître pour être employable et être dans la norme voulue par l’UNION trois, quatre ou cinq voir plus ? Une compétition sans fin, gare à celui qui ne s’aligne pas sur les recommandations de l’Union, aura-t-on encore le droit d’être monolingue demain ?

Ces querelles de clochers se retournent toujours contre les personnes qu’elles sont censées servir et ne disent absolument rien sur les vrais droits du citoyen. Et cela a même le désavantage de détourner l’attention des vrais problèmes du citoyen.

De quel voisin s’agit-il ? Mon voisin est arabe comme la majorité des personnes que je fréquente et l’anglais est la langue dominante de l’emploi. Il faut faire très attention quand on impose des décrets de cette nature.

Exemple en Espagne dans les iles Baléares, on vient d’imposer un Décret trilinguisme toutes la population de l’île est sortie dans la rue protester avec le slogan: “on veut massacrer nos enfants”.

En suisse, on veut imposer le romand comme langue principale à l’école. Cela crée des tensions bien plus grandes avec les germains et les francophiles de Suisse. En Ukraine, on a voulu supprimer le Russe dans les régions dominées par les russophones, aujourd’hui nous assistons à une guerre civile dans ces régions et on peut indéfiniment citer des exemples de cette nature.

Faire supplanter les droits du sol aux droits universels n’est certainement pas de nature à apaiser les conflits d’une société et cela ne dit absolument rien sur les droits de l’humain.

La langue est un choix tous comme la religion ou les traditions culturelles. En revanche, la pauvreté n’est pas un choix. Faire supplanter les droits du sol, au droit collectif n’est absolument pas une bonne nouvelle ni pour la classe ouvrière, ni pour l’apprenant. Ce différentialisme instrumentalisé provoque des catastrophes incontrôlables.

Etre anticapitaliste, c’est mettre en exergue ce qui nous unit et ce qui doit être un puissant facteur de paix entre les hommes, l’accessibilité au soin de santé de qualité pour tous, le droit à une école de la réussite pour tous ,le droit à un logement de qualité pour tous ,le droit et l’accessibilité à la culture et au sport pour tous ,le droit à tous les services sociaux pour tous ,le droit à un emploi de qualité et à un salaire digne pour tous ,le droit à une retraite, à une pension digne pour tous, l’équité dans les salaires indépendamment et quel que soit la langue ,la nationalité ,la culture ,le sexe ,la religion etc .

Le droit du sol ou la langue parlée ne doivent pas supplanter les droits universels et encore moins conditionner l’ensemble de ces droits au taux de compréhension de la langue parlée. C’est tout simplement criminel l’assimilation contrainte et forcée quelle que soit la raison n’est pas de nature :ni à apaiser ,ni à supprimer les contradictions de classe.

On peut collaborer ou se comprendre formellement voire même se côtoyer cela veut -il dire qu’on se comprend véritablement sur le fond? Non. Est ce qu’un riche patron flamand comprend les difficultés d’un ouvrier flamand? non.
La gauche a tout intérêt à s’adresser au peuple classe plutôt qu’au peuple nation .Le nationalisme porte la xénophobie et empêche les liens de fraternité entre personnes. Elle conditionne préalablement tous compromis par le droit du sol plutôt que par les droits humains. Exemple, en Flandre et en Angleterre on conditionne la possibilité de droit sociaux à la capacité de connaissance de la langue: c’est une vraie régression .

De plus cet argument de la langue est incorrect pour mieux se comprendre entre peuple ce n’est pas connaître une langue spécifique c’est comment on se positionne dans la société du côté des dominants ou du côté des dominés quel que soit leurs sexes, leurs religions ou leurs langues . Les gens peuvent se côtoyer sans jamais communiquer entre eux .Différentes analyses sociologiques ont bien démontré comment s’opérait des ségrégations dans l’urbain, dans la société et dans différents groupes.

Une forme d’entre soi, de gentrification sociale et de classe poussaient les gens à rester entre eux pourtant ils appartenaient tous à la même culture linguistique .Vivre ensemble est a priori plus complexe qu’on ne pourrait le croire même pour des personnes qui ont fait preuve d’intégration voire d’assimilation linguistique, les rapports de classe ne s’en trouve pas bouleversés.
La langue ne doit en aucun cas être un frein à l’inscription d’une personne aux logements sociaux ,à l’emploi ,à l’enseignement et à toutes les possibilités qu’offrent la société. C’est là que doit véritablement reposer le socle du vivre ensemble pas dans les choix mais aussi dans les droits. La langue parlée est un choix, la pauvreté ne l’est pas.

Etre uni c’est être en harmonie, complémentaire soit solidaire ou complice, il ne faut donc pas s’en tenir au lien le plus évident. On peut communiquer sans pour autant se comprendre et s’accorder. Nous devrions expliquer à toutes les personnes qui ont des craintes face à l’étranger de n’avoir aucune inquiétude à savoir qu’il y’a des milliards de personnes qui ne communiquent pas dans notre langue. Qu’il y a plus de 6000 langues dans le monde que c’est tout à fait normal et que c’est sans danger pour notre santé psychologique et physique. Le monolinguisme n’est pas une maladie et nous ne devrions pas en avoir honte.

{{{Pour conclure
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Nous sommes évidemment pour que les enfants puissent avoir la formation la plus intégrale possible y compris linguistique mais au préalable il faudra éliminer de l’enseignement tous les éléments qui pénalisent cette démarche et qui ne rendent pas la chose possible comme les évaluations sanctionnant la coercition, la contention, la hiérarchisation et le tri généralisé inscrits dans l’ADN de l’enseignement néolibéral.

Sans quoi les belles intentions se mueront en barbarie contre les enfants de la classe ouvrière et comme un élément de plus pour la compétition, la confrontation et l’exploitation .La domination ne changera pas de nature elle se renforcera certainement. L’école n’est pas neutre et le rapport de force ne penche pas du côté de l’apprenant, être mono, bi ou tri(-linguiste) ne changera absolument rien à ce rapport de force.

Carlos Perez et jan Materne