90% des Arabes du Venezuela soutiennent le gouvernement syrien

 
La perception du conflit syrien diffère selon que l’on soit dans un pays du Nord ou du Sud ou selon que l’on connaisse les intérêts vitaux du peuple syrien ou non. C’est en tout cas  l’impression que donne l’interview avec Adel el Zabayar, député socialiste vénézuélien et patriote syrien mobilisé contre les hordes djihadistes. Il est connu pour avoir participé aux rencontres entre Hugo Chavez et Bachar el Assad. Nous lui avons posé quelques questions sur son engagement en faveur de la Syrie, son pays d’origine.
 
 
L’Amérique latine est connue pour abriter des Syriens, des Libanais et des Palestiniens installés sur le continent au 19e et au début du 20e siècle à l’époque où ils étaient encore des citoyens ottomans. Certains d’entre eux ont rejoint les rangs de l’oligarchie comme Carlos Slim au Mexique, Carlos Menem en Argentine ou Carlos Ghosn au Brésil. Il y a également de nombreux citoyens Palestino-Syro-Libanais qui ont rejoint les mouvements révolutionnaires : le Palestinien Shafiq Handal au Salvador, Omar Cabezas au Nicaragua, Ali Primera au Venezuela…Vous qui êtes Syriens du Venezuela et membre du parti d’Hugo Chavez, pourriez-vous nous donner une idée de l’engagement bolivarien des Arabes du Venezuela et de leur rapport à la Syrie résistante?
 

Plus de 90% des Arabes vivant au Venezuela soutiennent le gouvernement syrien, je suis le président de la Fédération Arabe et tous les centres et entités arabes soutiennent le gouvernement syrien.

 

 
Quelle est la situation militaire en Syrie et en particulier à Soueida, votre région d’origine. Des nouvelles font état d’une avancée des hordes de l’EI dans le Sud de la Syrie à mesure qu’ils sont chassés du Nord et de l’Est du pays…
 
 
Non, il n’y a pas eu de telles avancées de la part des mercenaires salariés, dont 80% sont des étrangers. Ils sont payés par l’Arabie saoudite et le Qatar entre 1000 et 2000 dollars par mois, et plusieurs milliers d’entre eux ont été capturés et emprisonnés en attendant d’être réclamés par leur pays d’origine, qui sont environ une centaine. Et concernant les récents événements, sur le terrain la réalité est différente de celle décrite par les médias, qui soutiennent ces mercenaires. Les collines d’où sont parties les opérations de ces mercenaires en vue d’attaquer les villages de Sweida, et en particulier la zone orientale de la base aérienne de Khulkhula, ont été récupérées.
 
 
Quelles ont été les réactions des Vénézuéliens à votre engagement dans la résistance anti-djihadiste en Syrie?
 
 
C’est une guerre de quatrième génération qui a été lancée contre la Syrie, et le peuple syrien ne peut faire que résister et seul le temps dévoilera les mensonges des médias, de même que seul le temps, et grâce à la résistance du peuple syrien, a pu montrer au monde entier le grande escroquerie dont il a été victime.
 
Les attentats terroristes en Europe font partie de l’échec des méthodes occidentales contre la Syrie et qui punissent aujourd’hui l’Europe.
 
 
Avez-vous un message à transmettre aux militants de gauche européens qui parlent de « révolution en Syrie »  et espèrent un renversement du gouvernement syrien au nom de leur idéal de liberté et de démocratie ?
 
 
En Syrie, il y a un interventionnisme absolu, cynique et criminel où les mécanismes de guerre les plus impitoyables ont été utilisés afin de renverser un gouvernement. Et la véritable finalité était de pouvoir imposer le projet de gazoduc proposé par l’Arabie saoudite et le Qatar. Il devait s’étendre jusqu’à la mer Méditerranée, et prévoyait que les impôts relatifs à l’exploitation du territoire syrien soient très bas. Tout cela avec la complicité de milliardaires qui ont corrompu au moyen de juteuses incitations des militaires et des politiques européens. Regardez une carte de la Syrie et vous comprendrez de quoi je parle.
 
 
Traduit de l’espagnol par Rémi Gromelle pour Investig’Action
 
Source: Investig’Action