France 2, Fidel Castro et le peuple cubain

Peut-être trois évenements récents vous permettront de mieux comprendre le lien profond qui unit Fidel Castro au peuple cubain, le Che parlait de symbiose…

– Face au cyclone non seulement il explique ce qui va se passer à la télévision, les mesures qui sont prises, efficaces, un million de personnes déplacées dans l'ordre et mise à l'abri, mais il se rend aussitôt dans le point où le cyclone doit être le plus fort pour coordonner les manoeuvres.

– Il fait une chute et aussitôt il réclame un micro pour rassurer l'assistance, dit je suis entier plaisante, fait le diagnostic qui s'averera exact, un genoux cassé, une félure au bras. Et commence après un nouveau discours d'environ cinq minutes détendu et tranquille…

France 2 qui s'était déjà illustré en se moquant à travers la bande à Ruquier de Castro météréologue, n'a pu s'empêcher de mentir en racontant que les Cubains ignoraient l'événément, c'est faux aussitôt a été publié et diffusé un message expliquant ce qui s'était passé le diagnostic et le discours impromptu de Fidel Castro qui inaugurait à Santa Clara une nouvelle école d'art…

Bien sûr le présentateur d'antenne 2 n'a pas oublié de l'appeler lider maximo et dictateur, alors que la conférence impromptue était familière, rassurante, le ton habituel de Castro, qui ne cesse de parler aux Cubains, de leurs difficultés quotidiennes, de ce qu'ils peuvent attendre de l'avenir immediat autant que des grands problèmes internationaux. Jamais il ne ment même si ce qu'il dit est toujours un jeu de billard avec plusieurs cibles. C'est une relation directe…

– Quant il a fallu annoncer la restructuration sucrière en octobre 2002, il s'est rendu à Artémise une des principales centrales du pays là devant 10.000 travailleurs il a expliqué pourquoi il fallait restructurer mais qu'il s'engageait à ce que personne ne perde son salaire, n'en subisse la moindre diminution. Il a établi un lien de confiance avec des travailleurs inquiets pour leur avenir, comme dans cette assemblée de Santa Clara, comme quand le cyclone menace.

Imaginez le président Bush ou un président français faisant de même dans les trois cas… Rappelez-vous la tête et l'attitude de Bush dans le film de Michaël Moore… Voyez notre monde politique en totale rupture avec les préoccupations populaire… Fidel Castro c'est exactement le contraire…

Regardez le film où Ignacio Ramonet l'interview pendant 8 heures c'est passionnant sur le plan historique, une mémoire prodigieuse et une intelligence politique doublé d'humour. La scène où il raconte leur aventure au Che et à lui dans un commissariat mexicain où non seulement le Che déclare qu'il est communiste mais part dans un grand débat sur la déstalinasation… Commentaire de Fidel: "résultat ils nous ont gardé deux jours"… est d'une grande drôlerie pleine de tendresse pour le Che… Ou encore quand il se dit à lui-même "avec ma manie de convaincre"…

Nixon qui n'était pas aussi stupide qu'on le croît en France quand il est sorti d'une heure d'entretien avec lui a aussitôt brossé les qualités d'intelligence, le charisme du personnage et a déclaré qu'il fallait le tuer car ce serait un adversaire redoutable… Et depuis il a survécu à 300 attentats, on dit que c'est à cause des services secrets cubains, certes mais ceci n'explique pas que Fidel qui se mêle au peuple en réchappe, la véritable protection est le peuple cubain et c'est parce qu'ils le savent bien que les États-Unis n'ont pas encore envahi l'île… Parce que Fidel et le peupke sont en symbiose et cela les Français qui ne connaissent pas cuba, son peuple, l'ignoreront toujours.

Il est à noter que FR3 et TF1 ont été nettement plus sobre, avec même une pointe de respect… Car le personnage attire le respect même de ses adversaires… Sauf les roquets des médias français mais le peuple français pense autrement, interrogez les gens dans la rue, vous serez surpris… Surtout dans le cadre de l'anti-américanisme franc et massif de ce peuple français…

Alors s'il meurt tout s'effondrera? Deux types de paroles: la première est ce que disent les Cubains: "Fidel c'est notre dignité, mais sans nous il n'aurait rien pu faire!" ou encore "Pour nous et pour eux, il vaut mieux pas que les nord américains nous envahissent, mais s'ils viennent nous sommes prêts" ou encore cette infirmière qui plaisantait avec ses voisines: "Cet idiot d'étranger m'a demandé quand est ce que Fidel allait mourir? Et ce que nous ferions? Je lui ai répondu: est ce que je te demande quand ta mère va mourir? Ce que nous ferons cela ne regarde que le peuple cubain et lui seul". Une autre parole, celle de Fidel que j'ai plusieurs fois entendu en public. Il dit : "Si les États-Unis envahissent Cuba, comme il faut bien mourir un jour j'irai avec quelques compagnons les attendre sur la place avec un fusil mitrailleur, ils me turont le premier mais qu'il sache que ma mort ne changera rien à la résistance du peuple cubain… Tout est prêt sans moi!"

Danielle Bleitrach