Anémone : Pourquoi je vote non

Interview au Parisien, 9 mai 2005

« Il est notoriété publique que la Commission européenne et le Conseil des ministres, qui gardent tous les pouvoirs, mangent dans la main de l’Unice, (le Medef européen), lequel se fiche du social et de l'environnemental. Il bave d'admiration devant le modèle étasunien.

La propagande d'Etat nous enjoint de voter oui pour quelques minuscules avancées vers une hypothétique démo cratie, demain peut-être et si on est sage. C'est un peu lent. Que le non l'emporte, et alors là, nous jure-t-on, rien ne bougera plus jamais. Or, la dégradation des écosystèmes et des solidarités approche du point de rupture.

J'aurais tendance à penser que les choses vont bouger fortement, quoi que nous votions. Si le non l'emporte et que Bruxelles entend le message, elles pourront bouger en ordre, et dans le calme. Dire non à cette pseudo-Constitution, c'est s'opposer à un torchon à l'usage des spécialistes de la chicane.

Relisons les droits de l’homme de 1789. Article 5 : La loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société. Réglementer et taxer les mouvements de capitaux ne nuirait en aucun cas au bien commun. Le traité constitutif l'interdit. Ce qui arrange les paradis fiscaux ainsi que des mafias fort nuisibles. Si le oui l'emporte, les choses bougeront, mais cette fois sous la pression des catastrophes sociales et environnementales.

C'est alors la constitution de 1793, celle de Robespierre, qui pourrait devenir à la mode. Article 35 : Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. Vous entendez cela, vous, l'Europe d'en haut ? »

Propos recueillis par Florence Bourgain